UN JOUR, UN PARCOURS – Jules PARIS de Daours et d’Aubigny

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 6 avril 1893, Jules PARIS est le fils d’Onésime PARIS et d’Adeline PETIT.

Jules se prénomme en réalité Jules Onésime, marque de fabrique familiale. Le frère aîné se prénomme Henri Onésime, et le frère cadet Julien Onésime.

Onésime père est originaire de Villers-Bretonneux et Adeline de Pont-Noyelles, commune où le jeune couple vit quelques années avant de s’installer à Daours.

Désiré PARIS, son frère, a épousé également une fille de Pont-Noyelles prénommé Alice. Onésime et Adeline s’installent à Daours, suivis quelques années plus tard par Désiré et Alice.  Les PARIS sont maintenant des Daoursiens en cette fin de XIXe siècle. Onésime réside Rue de Pont-Noyelle et Désiré Rue de la République. Les inséparables frères sont ouvriers agricoles dans la ferme d’Edouard Dacheux.

Les premiers enfants d’Onésime sont trois garçons, Henri, Jules et Julien né en 1895. Et chez Désiré, après un fils aîné, Léonce Désiré né en 1889, trois filles sont arrivées prénommées Eugénie, Léonie et Henriette la cadette née en 1897.

Comme dans toutes les familles d’ouvriers agricoles, Jules quitte l’école assez jeune pour trouver du travail. A Daours et à Vecquemont, le village voisin, les fermes sont nombreuses et la superficie des terres cultivables sur le plateau de la Vallée de la Somme est très importante. Jules devient journalier.

Quand Onésime décide de quitter la ferme Dacheux, la famille PARIS déménage à Aubigny. Les territoires des deux villages sont mitoyens et les centres bourgs sont distants d’à peine deux kilomètres. Les PARIS s’installent dans une petite maison de la Rue de l’Eglise. Onésime trouve un travail dans la ferme Fournier et Jules devient ouvrier de culture dans la ferme Poirion, Rue d’En Haut. Maria, la patronne, a perdu son mari et elle a besoin de bras pour faire vivre l’exploitation. Ses enfants, Henri et Henriette sont encore trop jeunes. Elle fait appel à plusieurs domestiques de ferme comme Jules.

Le 6 octobre 1909, Henri PARIS, le frère aîné de Jules, doit rejoindre le 16e Bataillon de Chasseurs à pied pour y effectuer son service militaire. Mais Henri est condamné par la Cour d’Assises de la Somme à effectuer une peine de prison de deux années pour « vol qualifié ». Après avoir purgé sa peine, l’autorité militaire lui impose de reprendre le service militaire là où il l’a arrêté, c’est-à-dire un an sept mois et 24 jours plus tôt. Il est alors affecté au 1er Bataillon d’Infanterie légère et embarque pour l’Algérie, destination idéale pour les appelés rebelles. En juin 1913 quand il revient en France, il a changé. Il obtient d’ailleurs sans difficulté son certificat de bonne conduite. Une autre vie va pouvoir commencer pour lui. Il quitte la région.

Le cousin Léonce PARIS a déjà terminé son service militaire au 72e RI d’Amiens. Envoyé en congé en septembre 1912, il s’est installé à Pont-Noyelles et a repris son activité de terrassier.

Alors qu’il a atteint ses vingt ans, Jules PARIS ne peut partir effectuer son service militaire. Ses parents ont disparu tous les deux. Henri étant parti, il lui revient à lui seul d’assurer le rôle de soutien de famille. Après Julien, son frère cadet, deux autres enfants étaient venus agrandir la fratrie : Noémie et Joseph, et la responsabilité est bien trop grande pour le pauvre jeune homme de vingt ans. Les enfants sont alors pris en charge par l’Assistance publique.

Jules a échappé au service militaire, mais il n’échappe pas à la guerre. Le 16 décembre 1914, il est mobilisé et rejoint le 33e Régiment d’Infanterie. Après une courte période d’instruction militaire avant d’être envoyé au front, il est affecté au 110e Régiment d’Infanterie en mars 1915. Il arrive au front, dans le secteur des Eparges près de Verdun, le 16 mars 1915.

Le 10 avril, il est déclaré disparu, puis très rapidement considéré comme mort au combat. Il avait 21 ans.

Son frère aîné Henri a été mobilisé dès le 2 août 1914. Henri était devenu un autre homme. Après avoir été blessé par balle au sein droit en septembre, il revient rapidement au front et il est à nouveau blessé par balle en décembre. La balle lui a touché la tête. Henri est devenu sourd du côté droit. Reconnu pour son comportement exemplaire, il est promu caporal à l’automne 1914 et dirige alors une escouade d’une quinzaine de fantassins. Les combats se poursuivent alors principalement dans la Meuse et la région de Verdun.

Henri PARIS est tué le 8 mars 1916 devant le Fort de Douaumont.

Léonce PARIS, le cousin, a été mobilisé également le 2 août 1914. Promu caporal puis sergent, Léonce s’est distingué, cité à l’ordre du régiment pour avoir su « entraîner ses hommes à l’attaque des lignes ennemies ». Blessé à plusieurs reprises, en septembre 1914 au bras gauche, en avril 1915 à la tête, en avril 1917 au bras droit, Léonce est revenu vivant de la guerre.

Julien, le frère cadet était devenu pupille de l’Assistance publique placé dans une famille de Contoire-Hamel. Né en 1895, il a été mobilisé le 3 septembre 1916. Quand il est parti, ses deux frères aînés avaient déjà été tués à la guerre. Affecté dans l’Artillerie, Julien a eu la chance d’échapper au massacre.

Démobilisé en septembre 1919, Julien s’est marié avec Modestine THERY. Julien et Modestine sont partis vivre à Saint-Léger-les-Domart dans la Vallée de la Nièvre. Les usines textiles des frères Saint avaient besoin de main d’œuvre. Deux filles prénommées Simonne et Muguette sont nées de l’union de Julien et de Modestine. Julien, le dernier rescapé des frères PARIS n’a pas laissé tomber son petit frère Edouard et il l’a hébergé. Chaque jour, Julien et Edouard PARIS quittaient ensemble la petite maison de la Cité Charles Saint pour aller travailler à l’usine Saint. Si les jours heureux de Daours étaient bien loin, la fraternité était toujours présente.

Julien PARIS est mort en 1947. C’était un 11 novembre. La guerre était finie depuis 29 ans. 

Les noms d’Henri et de Jules PARIS sont inscrits sur le monument aux morts d’Aubigny.

Lionel JOLY et Xavier BECQUET

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Danièle REMY a réalisé la collecte de données pour la commune de Daours.

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