UN JOUR, UN PARCOURS – Marceau MALLET, de Querrieu

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 20 juin 1892, Marceau MALLET est un enfant de la Vallée de l’Hallue.

Marceau est le fils d’Alfred MALLET et de Catherine PAUL. Alfred est originaire de Querrieu, Catherine, de Fréchencourt. La rivière L’Hallue, coule entre ces deux villages, situés au Nord-Est d’Amiens.  Querrieu, sur rive droite de la rivière, fait face à Pont-Noyelles, sur la rive opposée. Le 23 décembre 1870, une terrible bataille entre les soldats français et prussiens a entraîné plusieurs centaines de morts et d’amputés, dans la vallée, entre Querrieu et Pont-Noyelles. Les Français étaient à Pont-Noyelles, et les Prussiens, à Querrieu. Alfred s’en souvient très bien. Il n’a pas combattu, mais il était dans le village quand les armées se sont affrontées. Il a vu de nombreuses maisons de Querrieu et de Pont-Noyelles brûler, et il se souvient encore des gémissements des blessés, restés sur le champ de bataille, dans le froid d’une nuit de gel.

querrieu pont noyelles 1

Alfred est maçon.  Le couple habite Rue Pellion. Marcel est l’aîné. En réalité, un premier bébé, prénommé Henri, est né en 1889, mais la mortalité infantile, si fréquente en cette fin de XIXe siècle, a frappé. Un frère cadet, Marcel, naît en 1896, suivi des deux sœurs, Pauline et Georgette.

Querrieu a été une ville prospère, notamment grâce au textile. Badestamiers, bonnetiers, tricoteurs, couseuses et ouvriers en confection de vêtements, étaient nombreux. On comptait près de 1000 habitants au milieu du XIXe siècle. Au début du XXe siècle, malgré une centaine de tricoteurs ou tricoteuses en atelier ou à domicile, l’activité est avant tout agricole. Si on compte un peu moins de 700 habitants, l’instituteur dénombre 150 chevaux, 300 bovins, 70 porcs, 750 moutons et 115 ruches.

Dès qu’il le faut, Marceau aide son père dans la maçonnerie, mais jamais au détriment de la fréquentation de l’école.  Marceau est un élève très brillant.

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A 20 ans, Marceau se rend à Villers-Bocage pour passer devant le Conseil de Révision. Jugé apte, il est envoyé pour effectuer son service militaire au 3e Régiment de Génie d’Arras. Débutant comme sapeur-mineur, il devient rapidement caporal. C’est son grade quand débute la guerre, le 3 août 1914.

Blessé au thorax et épaule gauche par éclat d’obus, en avril 1915, à Mesnil-les-Hurlus, dans la Marne, il est évacué et revient quelques semaines plus tard, mais n’est plus envoyé dans les zones de combats. Promu sergent, en mars 1916, il est affecté au Centre d’instruction du 6e Régiment de Génie  de Jaux, dans l’Oise, puis à l’Ecole du Génie de Versailles en avril 1917. Ses compétences pédagogiques sont particulièrement précieuses en cette période de renouvellement permanent des effectifs et où la guerre est devenue aussi technologique.

Marceau est promu sous-lieutenant à titre temporaire en juillet 1917, puis, toujours affecté au 3e Régiment de Génie après l’Armistice, il devient lieutenant en juillet 1919.

Parti de Querrieu comme sapeur-mineur, c’est avec le grade d’officier, et honoré de plusieurs citations, que le fils du maçon revient six ans plus tard.

Marceau épouse une fille du village, Léa, et, avec elle, part s’installer à Denain, dans le département du Nord. C’est dans cette ville que naît leur fille, Madeleine.

Marceau travaille à « L’Union Fermière Agricole », boulevard de la Liberté, à Lille.

Mais sa région lui manque. Marceau revient, en 1926, à Querrieu pour y résider avec sa famille. Il y retrouve son père, devenu briquetier, et son frère, Marcel, qui est maçon.

Marceau est devenu représentant de commerce, pour la société lilloise dont une succursale est située Rue Terral, à Amiens. Une deuxième fille, Marlène,  vient agrandir la famille.

Marcel, le frère cadet de Marceau, est revenu fortement diminué. Né en 1896, il a été mobilisé en avril 1915. Parti au front le 4 décembre, il a été gravement blessé le 15 juillet 1916 à Verdun. Commotion par éclatement d’obus. Il est transféré vers le Sud-Ouest de la France, et fréquente hôpitaux et centres de repos. Hélas, la médecine n’a guère trouvé de remède pour les maux du cerveau. « Crises comitiales constatées », « crises nerveuses », crises d’épilepsie pour faits de guerre », l’Armée et les médecins ne peuvent rien pour lui. Il est renvoyé dans ses foyers, peu de temps avant l’Armistice.

En 1930, Marceau MALLET est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur, et promu capitaine de réserve en 1931.

En 1934, la commission de réforme d’Amiens, après avoir examiné Marcel MALLET, son frère, décide d’une « mise en observation à l’hôpital pour crises épileptiformes, aggravation au point de vue des troubles de la mémoire et de l’attention ».

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Danièle REMY a réalisé la collecte de données pour la commune de Querrieu.

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