ILS AVAIENT 20 ANS EN 1914 – Jules BONNEFONT de Méaulte

Né le 13 mai 1893, Jules BONNEFONT  a vu le jour à Méaulte. Ce village-rue, situé à proximité d’Albert, 3e ville du département de la Somme,  compte environ 800 habitants avant la Grande Guerre.

Le père de Jules se prénomme également Jules. Né à Ville-sur-Ancre, Jules BONNEFONT « père » a épousé Marie DELAMOTTE, originaire de Méaulte en février 1887. Le jeune couple s’installe à Méaulte. Jules et Marie habitent dans la Rue des Massacres. C’est là qu’ils fondent leur famille. Jules est journalier, allant de ferme en ferme selon les besoins des cultivateurs. Une petite Joséphine naît en 1890, Jules, trois ans plus tard et Maria en 1895. Une belle petite famille…

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Avec l’arrivée de la machine-outil, fin XIXe siècle, l’industrialisation transforme les campagnes. Les hommes des villages proches des grandes villes sont alors attirés par les nouveaux emplois, bien mieux rémunérateurs que l’agriculture. Quand on est journalier, on ne gagne pas sa vie forcément tous les jours, donc entrer à l’usine présente de nombreux avantages. Marcher 4 ou 5 km pour se rendre au travail ne pose aucun problème.  Albert est une ville très industrialisée. La fabrication de bicyclettes et de motocyclettes est une des spécialités des entreprises locales.

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Le père et plus tard le fils deviennent mécaniciens. Ils se rendent tous les jours à Albert. Le père travaille chez Monneret et le fils, à peine âgé de 12 ans, chez Lameth.

Quelques années plus tard, ils travaillent ensemble chez Beccart, toujours à Albert. Le père est tourneur et Jules « fils » est raboteur. Puis Jules BONNEFONT devient aléseur, métier consistant à usiner une pièce métallique par l’intérieur après le perçage de celle-ci.

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Comme tous les jeunes hommes de son âge, Jules doit partir au service militaire. A 20 ans, il intègre le 17e Régiment d’Artillerie dont une partie des effectifs est casernée à Abbeville. C’est le 27 novembre 1913.  Six mois plus tard, il est muté au 1er Régiment d’Artillerie Lourde. Jules BONNEFONT est particulièrement doué pour régler les pièces d’artillerie. Rapidement, il devient maître-pointeur.  Il recevra même une citation pour la précision de ses réglages, à l’occasion de terribles combats, le 7 mai 1916, près de Verdun. Huit jours plus tard, il s’en sort beaucoup moins bien puisqu’il est blessé à la jambe droite par un éclat d’obus. Cette blessure lui vaut également une citation et la Croix de Guerre.

En mai 1917, Jules s’illustre une fois de plus par la « qualité de ses pointages de tirs, son allant et son courage en refusant de quitter son poste malgré une blessure« .  Il est promu brigadier. En mars 1918, il obtient le grade de maréchal des logis.

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Comme pour beaucoup, la démobilisation n’arrive pas avec l’Armistice. Il lui faut attendre 9 mois avant de pouvoir regagner la vie civile et se retirer à Méaulte. Mais son village natal a été complètement détruit pendant la guerre. En septembre 1919, il s’installe à Buire-sur-l’Ancre, à 5 km de Méaulte, et y épouse Anne-Marie.

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Jules BONNEFONT est un survivant de la Grande Guerre. Malgré une blessure dont il aura des séquelles jusqu’à la fin de sa vie, il sait à quel point il a eu de la chance. Tous les copains de Méaulte n’ont pas eu cette chance. Georges LEFEVRE de la Rue d’Etinhem a succombé en mai 1917 de ses blessures. Victor DRANCOURT du lieu-dit Le Moulin Bleu est mort en juillet 1915 près du Bois de la Gruerie en Argonne.

Comme si la guerre n’avait été qu’une parenthèse dans la vie de Jules BONNEFONT, il reprend son travail de raboteur sur métaux, dans l’industrie mécanique.  Le train reliant Paris à Lille s’arrête souvent à Buire. Il est donc facile de se rendre à Albert, mais aussi à Amiens par le train. Consciencieux et adroit comme il l’était dans l’artillerie, Jules le sera ensuite dans sa vie professionnelle. En 1921, il se fait embaucher  à l’usine de construction mécanique Pernaut-Caron, route de Rouen, à Amiens. L’ancienne usine Pernaut, située Rue de Boulan, à Albert, avait été détruite sous les bombardements du 29 septembre 1914.

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Jules et Anne-Marie résident Grande Rue à Buire. C’est dans cette maison que naissent René en 1928 et Rolande en 1930. Le travail ne manque pas dans l’industrie mécanique. Jules choisit alors d’entrer dans une autre importante société de fabrication de machine-outil, chez Liné à Albert.

Jules est décédé à Buire-sur-l’Ancre, le 22 avril 1967, à l’âge de 73 ans.

Lionel JOLY et Xavier BECQUET

Remarque: la première usine Pernaut d’Albert a été dirigée par Alfred Auguste Pernaut, né dans cette même ville en 1859. Il était l’arrière-grand-père du journaliste Jean-Pierre Pernaut décédé en mars 2022.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Francis et Brigitte DANEZ ont réalisé la collecte de données pour la commune de Méaulte.

Retrouvez d’autres articles publiés sur notre site :

Pierre THUILLIEZ de VILLE-SUR-ANCRE

Marius FERNET d’ALBERT

Eugène MOREL d’AUTHUILLE

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2 commentaires sur « ILS AVAIENT 20 ANS EN 1914 – Jules BONNEFONT de Méaulte »

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