UN JOUR, UN PARCOURS –Alcide THUILLIER et Lucien DUVAUCHEL de Beauquesne

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Nés le 9 août 1891, Alcide THUILLIER et Lucien DUVAUCHEL sont des enfants de Beauquesne.

Ils sont nés le même jour, Alcide, à 4 heures du matin et Lucien, à 5 heures de l’après-midi.

Le père d’Alcide THUILLIER est manouvrier. Son épouse se prénomme Eugénie. Alcide est le second  de leurs enfants. Ernest est l’aîné, suivi donc d’Alcide, puis de Georges, Maurice, Narcisse, Madeleine et Louise. Les parents et leurs sept enfants résident Rue Porte d’Amiens, à Beauquesne.

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Le père de Lucien DUVAUCHEL est maréchal-ferrant. Son épouse se prénomme Marie. La fratrie est composée d’Eugène, Henri, Jules, Alfred, Lucien, Ernest, Edouard et d’une seule fille, Marie. C’est Rue des Fossés que logent les parents et leurs huit enfants.

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Beauquesne est un bourg important du Nord du département de la Somme, entre Doullens et Villers-Bocage. La population compte plus de 2 000 habitants en cette fin de XIXe siècle. Même si elle est en forte diminution, l’activité principale reste encore celle de la culture et de la transformation du lin. Près de 200 hectares de terres y sont consacrés et au moins 150 personnes travaillent le lin, essentiellement dans des ateliers familiaux.

Pour les autres, le travail devient de plus en plus difficile à trouver, et les deux briqueteries ou l’exploitation des phosphates ne permettent plus à toute la population de vivre. L’exode de certaines familles vers le bassin d’emploi amiénois est inévitable. Dans les grandes familles, les enfants trouvent de petites tâches permettant d’alléger un peu les difficultés pour les parents.

Les jeunes Alcide et Lucien alternent l’école et les petits travaux, dans les champs ou, chez les commerçants ou artisans de la commune.

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Devenus jeunes hommes, ils sont convoqués, ensemble, pour passer devant le Conseil de Révision, à Doullens. Lucien, le fils de maréchal-ferrant, est incorporé le 1er octobre 1912 au 9e Régiment de Cuirassiers, caserné à Douai, dans le département du Nord. Alcide, le fils du manouvrier, est affecté, le même jour, au 128e Régiment d’Infanterie d’Abbeville.

Quand la guerre est déclarée, début août 1914, les deux hommes sont déjà partis de chez eux depuis près de deux années. Lucien DUVAUCHEL devient cavalier à l’état-major du régiment. C’est en juillet 1919 qu’il est démobilisé et revient à Beauquesne, pour y travailler, avec son père, comme maréchal-ferrant.

La guerre d’Alcide est beaucoup plus douloureuse. La première blessure intervient au Bois de la Gruerie, en Argonne, en novembre 1914. Après cinq mois d’hospitalisation et de convalescence, il revient au front, dans le secteur des Hauts de Meuse. En octobre 1915, il est blessé au dos avec plaies infectieuses. Les éclats d’obus ont atteint le bas du dos. La flexion du tronc sur le bassin devient très restreinte. Après une plus longue convalescence, il n’est plus apte à retourner au combat dans les tranchées. Affecté à l’artillerie, il est rapidement orienté vers les services auxiliaires, puis vers le 2e groupe d’aviation dans la section des monteurs de hangars. Démobilisé en mars 1919, il est embauché au Chemin de Fer du Nord. On le retrouve à Tergnier, puis, quelques années plus tard, à Creil. Les traces de la guerre sont nombreuses. Une commission militaire chargée de l’examiner note une « artériosclérose généralisée, et de nombreuses cicatrices sur le thorax, la cuisse droite et la région coccygienne ».

La guerre n’épargne aucune famille, à Beauquesne comme ailleurs. Si Lucien DUVAUCHEL a survécu, sans trop de séquelles physiques, son frère aîné, Eugène, a été tué en mai 1915, aux Eparges.

Chez les THUILLIER, la mort n’a pas frappé, mais s’est installé dans les organismes. Les deux frères cadets d’Alcide ont été gazés et évacués vers les hôpitaux de l’arrière. Maurice en août 1918 et Georges en septembre 1918. Alcide aussi conservera des « séquelles de pleurésie traumatique et tuberculose pulmonaire ».

Alcide THUILLIER ne revient pas à Beauquesne. Dans la grande fratrie THUILLIER, seul, Ernest, ouvrier maçon, reste dans la commune. Il a perdu son épouse au début de la guerre, ce qui lui a valu d’être réformé comme « veuf avec trois enfants ». Alcide meurt, dans l’Aisne, en janvier 1964.

Dans la famille DUVAUCHEL, les fils ont repris l’activité du père. Lucien continuera à exercer le métier de maréchal-ferrant, Rue Porte de Doullens. Ses frères, Edouard et Jules en feront de même.

Lucien, qui n’avait jamais été atteint physiquement pendant toutes les années de guerre, se blesse, au travail, une quinzaine d’années après la fin de la guerre. Alors qu’il avait évité les balles, les obus, les shrapnels, le gaz, c’est un éclat de métal, dans sa forge, au cœur du village en paix de Beauquesne qui lui fait perdre l’œil droit.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Lionel JOLY a réalisé la collecte de données pour la commune de Beauquesne.

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