Les combats oubliés du 22 août

Pour les Français, les principaux combats qui ont précédé ceux du 22 août 1914, se sont déroulés essentiellement dans l’Est de la France (Alsace et Lorraine), menés par les 1ere et 2e armées  françaises. Le plus meurtrier fut certainement celui de Morhange.

Pendant la retraite, appelée le « nouveau plan » par Joffre, les combats de se déroulés, entre le 26 et le 30 août, dans les départements de la Meuse, des Ardennes, du Nord, du Pas de Calais, de l’Aisne, de la Somme, puis progressivement, vers d’autres territoires de plus en plus proches de Paris. Guise, dans l’Aisne, reste certainement une des batailles les plus meurtrières. Au prix de la vie de milliers d’hommes, l’avancée allemande a été fortement perturbée, et l’armée britannique en construction n’a pas été touchée.

En ce qui concerne la sanglante journée du 22 août, si la plupart des combats se sont déroulés sur le sol belge, il est important de ne pas oublier que, la 3e armée du général Ruffey était présente aussi bien en Gaume, dans les secteurs de Virton, de Ethe, de Baranzy-Musson, mais également en Meurthe-et-Moselle et dans le Nord de la Meuse, pour repousser l’avancée des troupes ennemies qui avaient franchi ou allaient franchir la frontière dans la journée.

Gorcy, Romain, Cutry, Pierrepont, Ligny, Beuveilles, Doncourt, Baslieux, Boismont, Joppecourt, Fillières, Mercy-le-Haut, sont autant de lieux de bataille du 22 août qui ont profondément marqués les armées en présence, mais également les populations.

Des territoires aux larges terres cultivables paraissant moins accidentées que dans le sud de la Belgique, mais avec de très profondes vallées boisées permettant des effets de surprise pour l’assaillant et rendant difficile toute progression. Et puis, à l’arrière de ces vallées, des larges plateaux aux vues particulièrement dégagées favorables à l’utilisation de l’artillerie.

Jean-Claude Delhez estiment les pertes françaises à 14 700 dans les 6 des 15 lieux de combat de la Bataille des Ardennes qui se sont déroulés sur le sol français. Et côté allemand, ses estimations sont de 11 500 hommes mis hors service. Il n’est donc pas inutile d’évoquer également ces combats menés sur le sol du Nord de la Meurthe-et-Moselle, territoire frontalier de la Belgique, du Luxembourg et de l’Alsace annexée.  Plus de 25 000 hommes perdus, au total, dans un tout petit territoire situé à l’ouest de la ville fortifiée de Longwy.

balsieux

L’ossuaire de Balsieux

Les tirs d’artillerie ont causés des dégâts importants dans les villages et des civils y ont perdu la vie.

A Gorcy, ville frontalière française située à quelques dizaines de mètres de la commune belge de Baranzy,  le fils du général Foch, et le beau-fils du président du Conseil, René Viviani, ont perdu la vie. Ils ne disposent pas d’une tombe individuelle. Leurs corps ayant été inhumés, après les combats, dans une fosse commune, Foch s’est opposé, après la guerre, à ce que cette fosse soit ouverte. La nécropole de Gorcy a donc été faite autour de cette ancienne fosse, sur laquelle repose aujourd’hui un imposant mémorial.

foch fils gorcy

L’ossuaire de la nécropole française de Gorcy

De nombreux jeunes hommes de la Somme ont été tués ou blessés dans ces combats.

En 2017, suite à des fouilles d’archéologie préventive, 40 cercueils ont été découverts à Spincourt, village de Meuse situé à proximité des lieux de combats de la Meurthe-et-Moselle. Il s’agit vraisemblablement d’un cimetière de regroupement datant de 1919 dans lequel  les corps étaient certainement destinés à être transférés vers la grande nécropole française de Pierrepont. Parmi ces corps, 1 seul a pu être identifié il y a quelques jours. Des analyses ADN ont ainsi permis de retrouver le corps de celui qui était considéré comme « disparu » depuis un siècle. Un Meusien de 30 ans, cultivateur à Behonne, du nom de Charles Lavocat, qui avait été mobilisé le 2 août 1914 et avait rejoint le 154e régiment d’infanterie. La présence d’un trou dans le crâne ne laisse aucun doute sur la manière dont il a été tué. Une balle dans la tête.

Le casque Adrian n’a équipé les armées françaises qu’à partir de 1915…

(photo en tête d’article: un des ossuaires de la nécropole française de Pierrepont – combats du 22 août 1914 en France)

 

RETROUVEZ TOUTES LES CHRONIQUES QUOTIDIENNES DU DEBUT DE LA GRANDE GUERRE, A PARTIR DU 28 JUILLET 1914, EN CLIQUANT ICI

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