UN JOUR, UN PARCOURS – Lucien TOURNEL, de Dompierre et de Lihons

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 16 juillet 1891, Lucien TOURNEL avait reçu les prénoms d’Armand Célestin Lucien quand son père a déclaré sa naissance en mairie de Dompierre. Mais c’est Lucien qui deviendra son prénom usuel.

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Lucien est le fils d’Armand  TOURNEL, ouvrier agricole, et de Maria Minard. Armand est né à Chaulnes et Marie est originaire de Becquincourt, village voisin de Dompierre, situé près de la Vallée de la Haute-Somme, à proximité de Cappy.

Lucien, le fils aîné, voit le jour à Dompierre, puis la famille déménage à Chaulnes, où naissent Rose et Antoinette, les deux sœurs de Lucien, avant de bouger à nouveau vers Lihons, village voisin du canton de Chaulnes.

Lihons compte près de 800 habitants au début du XXe siècle. L’activité de cette commune du plateau du Santerre est essentiellement agricole. On y trouve de grandes fermes qui emploient des ouvriers permanents mais aussi de nombreux journaliers. Le père de Lucien est presque toujours journalier. Quand le travail se présente, la rémunération est plus intéressante. Par contre, en saison hivernale, c’est plutôt vers les usines et ateliers de bonneterie et de tissage qu’il se tourne.

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Dès qu’il est en âge d’être embauché, Lucien devient, lui aussi, domestique de ferme.  Les filles sont manouvrières. Aller là où se présente le travail, telle est la devise de la famille.

L’école n’est vraiment pas une priorité. Lucien ne sait ni lire ni écrire quand il est convoqué devant le Conseil de Révision.

Cheveux châtains, yeux bleu clair, Lucien est un grand gaillard d’ 1,81m. Il est jugé apte au service armé et affecté, pour le service militaire, au 42e Régiment d’Artillerie de La Fère, dans le département voisin de l’Aisne.

Quand l’Allemagne déclare la guerre à la France, le 3 août 1913, le régiment est déjà caserné à proximité des frontières de l’Est. Il s’est installé dans le centre-ville de Stenay, dans le département de la Meuse.

Combats dans le Sud de la Belgique en août, Bataille de la Marne début septembre, puis l’Argonne et Verdun, le 42e participe à de nombreuses opérations particulièrement meurtrières pour les fantassins, mais aussi pour les canonniers, la guerre devenant une guerre de tranchées, donc, une guerre d’artillerie. Lucien s’en sort plutôt bien dans ces premiers mois du conflit. Il est ensuite transféré au 7e Régiment d’Artillerie de Rennes en octobre 1915. Il perd le contact avec la plupart des copains de régiment. Une autre guerre commence alors pour lui. Copains de tranchées, copains de batterie, avec toujours la peur, en arrière-plan.  Verdun, Argonne, Champagne, le 42e RA ne quitte pas la région jusqu’au printemps 1916.

Lucien TOURNEL n’est blessé qu’une seule fois. C’est le 4 novembre 1916. Il est blessé à la jambe droite d’un coup de pied de cheval. Evacué, il n’est hospitalisé que quelques jours et revient au front, en Champagne, début décembre. Après un passage dans la Somme, dans l’Aisne, puis à nouveau dans le secteur de Verdun, Lucien est affecté au 175e Régiment d’Artillerie, avec lequel il part combattre en Orient contre les Bulgares, en Macédoine grecque.

Le retour en France, fin 1918, ne signifie pas le retour à la maison. Lucien n’est démobilisé que fin juillet 1919. Les villages du Santerre sont en ruines et la reconstruction commence à peine. Lucien se retire, dans un premier temps, à Marcelcave, puis, après avoir épousé, en 1920, Héloïse, originaire de Laucourt, il s’installe avec elle à Chaulnes.

Lucien sera journalier, manouvrier ou domestique, selon les époques, selon les besoins. Dans les fermes ou dans les usines ou ateliers.

Aucune balle ou aucun éclat d’obus n’a blessé Lucien pendant ses cinq années de guerre. Un coup de pied de cheval, et c’est tout ! Mais Lucien n’est pas revenu indemne pour autant. Au-delà des traumatismes psychologiques, Lucien est malade. La longue période dans l’Armée d’Orient a détraqué définitivement son organisme. « Troubles et hémorragies intestinales » conclut la Commission de Réforme d’Amiens, en 1927, qui lui alloue une pension de 20% pour infirmité.

Lucien a survécu. Contrairement à de nombreux copains du 42e de La Fère, il va pouvoir vieillir et voir grandir sa fille, Renée.

En 1936, Lucien réside, avec Heloïse, rue Verte. Il travaille aux Levures de Picardie, à Chaulnes. Il est manouvrier.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Marie-Hélène CABOT a réalisé la collecte de données pour la commune de Dompierre-Becquincourt.

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