UN JOUR, UN PARCOURS – Maurice BRIENCHON

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 22 mai 1892, Maurice BRIENCHON est venu au monde à Forest-l’Abbaye, village de la Somme, constituant une des entrées de la forêt de Crécy-en-Ponthieu.

Isaïe, son père, travaille à Sailly-Flibeaucourt.  La grande usine de Messieurs  Loiseau et Stremler est une référence dans la fabrication des serrures de meubles et de bâtiments. Elle permet à de nombreuses familles de Sailly, mais aussi des villages aux alentours, comme Forest-l’Abbaye et Lamotte-Buleux,  de trouver du travail, assez bien rémunéré. Isaïe y est employé comme menuisier.

Isaïe épouse Armance, la fille du cordonnier du village. Ils habitent Rue du Titre. Les naissances se succèdent.  Emilia, Emilie et Georges arrivent dans le foyer. Pour apporter un peu de beurre dans les épinards, Armance est couturière, tout en remplissant ses missions de maman et d’épouse. La jeune femme meurt à l’âge de 39 ans seulement. Les deux filles, Emilia et Emilie, sont en âge de quitter la maison. Georges, n’a que 12 ans. Il reste avec son père.

Isaïe se remarie assez rapidement avec Marie, une femme de 10 ans sa cadette. Elle habitait Sailly-le-Sec, dans l’Est du département, et avait, elle aussi, perdu son conjoint. Marie a une fille, Fernande, qu’elle amène avec elle chez Isaïe. La famille s’agrandit encore avec l’arrivée de celui qui sera leur seul enfant ensemble. Il s’appelle Maurice.

Georges, l’aîné, quitte la maison quelques années plus tard. Isaïe, Marie et les enfants, Fernande et Maurice forme une vraie famille. Qu’importe si elle est recomposée. Pour arrondir les fins de mois, il arrive régulièrement aux BRIENCHON d’héberger un pensionnaire. Avec les grandes usines du secteur, certains ouvriers viennent de l’autre bout du département pour se faire embaucher, et ils ne trouvent pas toujours facilement un logement.

Maurice est un bon élève. Comme pour beaucoup de jeunes du coin, il sait qu’il ne suivra jamais d’études supérieures, mais que, par contre, il n’aura pas à chercher bien loin pour trouver un emploi. La grande grève de 1906 a bloqué l’usine Loiseau et Stremler pendant plus de deux mois. Chez les BRIENCHON, comme dans beaucoup de familles du coin, la situation est particulièrement critique. A la reprise du travail, le jeune Maurice est embauché à l’usine, à Sailly-Flibeaucourt, et devient serrurier. L’utilisation des machines laisse des traces. Maurice garde une profonde cicatrice au-dessus de la main droite. C’est le métier qui rentre, comme disent les anciens !

Les drames familiaux se succèdent, pour l’adolescent qu’est Maurice. Il perd son frère aîné,  Georges, âgé de 27 ans seulement. Il voit également partir sa mère et son père.

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Heureusement, tout n’est pas noir dans la vie de Maurice. Il rencontre Irène. Elle habite dans le village voisin de Lamotte-Buleux. Les deux jeunes amoureux, majeurs ni l’un ni l’autre, vivent alors ensemble. Très peu de temps, car Maurice doit partir faire son service militaire. Il prend le train à la gare du village le 9 octobre 1913. La ligne du chemin de fer économique qui y passe  relie Dompierre-sur-Authie à Abbeville. C’est dans la capitale du Ponthieu qu’il prend une correspondance. Abbeville, Amiens et la Gare du Nord, à Paris, avant d’aller dans le Grand Est Il doit rejoindre le 5e Régiment d’Artillerie à Pied, caserné à Verdun. On trouve dans ce régiment beaucoup d’ouvriers spécialisés. L’artillerie nécessite des compétences techniques importantes et celles de Maurice, comme serrurier, peuvent être appréciables.

A la déclaration de guerre, le régiment est chargé de défendre les ouvrages fortifiés, puis, au gré des offensives et des combats, les batteries se déplacent sur différents champs de bataille de l’Est de la France, pour apporter leur soutien à l’infanterie.

Le 22 février 1916, à Villa-Champagne (Meuse), Maurice est déclaré disparu par l’Etat-major du 5e Régiment d’Artillerie à Pied. Maurice n’a pratiquement pas quitté le secteur de Verdun, depuis le début de la guerre, et c’est ici qu’il restera pour toujours.

Irène a perdu son Maurice. Mais l’histoire ne s’arrête pas comme ça, car, André est né.

Pendant que Maurice était loin d’elle, Irène a mis naissance, en 1914, à un petit bébé prénommé André. L’arrivée de cet enfant aurait dû marquer le début de la construction d’une belle petite famille, avec un papa, habile serrurier, et une maman, excellente couturière.

Mais André est né en 1914. Et, même si un autre papa viendra un jour le remplacer, André ne connaîtra jamais ce père qui lui a donné la vie.

Irène a reçu, le 22 février 1921, un secours « immédiat » de 150 francs, en tant que tutrice légale de BRIANCHON André, orphelin mineur d’un père « Mort pour la France ».

L.J et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Jean-Claude MAISON a réalisé la collecte de données pour les communes de Forest-l’Abbaye et Lamotte-Buleux.

 

Dans certains actes d’état-civil, au XIXe siècle, le patronyme des aïeux de Maurice était orthographié BRIANCHON, puis a été transformé en BRIENCHON. Au début du XXe siècle,  à Forest-Montiers, on trouvait donc  des BRIANCHON et des BRIENCHON.

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