UN JOUR, UN PARCOURS – Joseph DOMICILLE

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 12 mai 1891, Joseph DOMICILLE est un garçon du Santerre. Il a vu le jour à Framerville, petit village agricole du plateau du Santerre, dans le département de la Somme.  Son père s’appelle Théophile et sa mère Marie Ulma Antonia, mais on l’appelle Antonia. Comme pour leur mère, c’est leur 3e prénom qui sert de prénom usuel aux sœurs de Joseph. Ainsi, Marie Geneviève Emilienne s’appelle Emilienne ; Marie Geneviève Marthe s’appelle Marthe et Marie Juliette Amélie a comme prénom usuel Amélie.

Les enfants sont nombreux dans la famille et rapidement, il faut que chacun arrive à apporter un peu de sous à la maison.  L’école n’a pas été la priorité. Les DOMICILLE travaillent dans les fermes. Julien, le frère aîné, est domestique dans la ferme Moyencourt.  Octave est « garçon de cour ». Aurélien est également « domestique de ferme ». Alors que les filles se marient avec des hommes du village et que les garçons continuent à travailler dans les fermes de Framerville, Joseph, lui, veut aller voir ailleurs. Il choisit de partir à Chaulnes, une grande ville ! A cette époque, alors qu’on ne parle pas encore de guerre, le village de Framerville ne compte que 310 habitants. Chaulnes est une ville commerçante de plus de 1 200 habitants !

Ancien domestique de campagne, il devient domestique de ville…

chaulnes 1

Joseph est valet de chambre chez le docteur Morenvalle, Grande Avenue à Chaulnes. Emploi qu’il quitte pour devenir « garçon de magasin », quelques mois avant de partir pour le service militaire.

Incorporé le 10 octobre 1912, c’est à Beauvais, dans l’Oise, qu’il doit aller. Au 51e régiment d’infanterie. Il y reste une année avant de rejoindre le 18e Bataillon de Chasseurs à Pied. L’unité, qui casernait à Amiens, va s’installer à Longuyon, dans la Meuse, à quelques kilomètres de la frontière belge. La tension internationale est vive et il faut protéger nos frontières.

A la déclaration de guerre, les Chasseurs sont rapidement utilisés pour conduire des missions de reconnaissance en Belgique. Puis, quand les premiers combats d’infanterie sont menés, les Chasseurs viennent alors renforcer les fantassins. Le 18e BCP connaît ainsi l’enfer de Bellefontaine (Belgique), le 22 août 1914, en combattant avec le 9e BCP, un autre bataillon de Chasseurs, aux côtés des fantassins du 120e RI.

C’est dans la Marne, à Servon, que Joseph est blessé pour la première fois. Un éclat d’obus dans le bras droit. Après un cours séjour pour être soigné, il revient sur le front, dans le secteur de Verdun. Le 14 avril 1915, à Marchéville (Meuse), une nouvelle blessure entraîne son évacuation. Encore un éclat d’obus, mais cette fois-ci, la main gauche est touchée.  Les soins lui sont prodigués à l’hôpital de Vichy, où il reste trois mois, avant de rejoindre son unité, toujours coincée dans le bourbier autour de Verdun.

Le 17 avril 1916, à Fleury, l’artillerie allemande se déchaîne. Joseph doit se rendre à un emplacement de combat qui lui avait été assigné. De nombreux obus tombent à proximité de lui. Il se tord alors de douleur. La clavicule droite est touchée.  Il est immédiatement évacué du champ de bataille et transporté vers l’arrière. Premier séjour à l’hôpital de Vendôme, puis au dépôt de convalescence de Villeneuve, à Brest,  l’établissement des Pupilles de la Marine. Il est dirigé ensuite vers l’hôpital maritime de Brest, puis, fin juin, vers  Kervalon.  Ce centre de convalescence, où il passe un mois, constitue une bouffée d’oxygène pour tous les malades en voie de guérison. Au cœur d’une charmante vallée,  ils logent dans des baraques en bois au bord de la rivière. C’est l’été. Il fait beau et chaud, en ce mois de juillet 1916.

Joseph est ensuite incorporé à l’Armée d’Orient. A son retour, en avril 1918, toujours handicapé par sa blessure à  la clavicule, il est affecté dans un service auxiliaire. La guerre semble finie pour lui.

La dernière offensive pour repousser définitivement les Allemands du territoire français nécessite de renforcer les troupes. Ayant été transféré au 8e  Bataillon de Chasseurs à Pied, le 29 août 1918, il est envoyé combattre, une nouvelle fois. Il risque sa vie jusqu’à la fin de la guerre, mais quand l’Armistice est signé, il est toujours vivant…

Tout comme lui, ses frères ont été blessés à plusieurs reprises pendant les 4 années. Octave, par éclat d’obus au genou droit et éclat de grenade au pied droit. Aurélien, blessé par balle au pied gauche, puis un éclat d’obus dans la main gauche et une plaie par balle au mollet gauche… Mais eux aussi s’en sont sortis vivants.

Joseph doit attendre le 28 juillet 1919 pour être enfin démobilisé. Il ne reviendra pas à Framerville. Et pas uniquement parce que le village a été détruit.  Il ne veut plus être un domestique de campagne.

Il quitte alors la région. Il habite à Trouville, en 1921, puis s’installe définitivement à Paris. Les emplois de domestique et de garçon de magasin sont nombreux…

Tout comme ses frères, dix après la fin de la guerre, Joseph recevra la médaille de guerre à étoile de bronze. Une médaille et un diplôme qu’ils pourront placer dans un beau cadre posé sur un buffet. Seuls souvenirs montrables de quatre années d’horreur…

L.J et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  C’est par la recherche complémentaire effectuée par Ghislain FRANÇOIS sur la commune de Chaulnes que nous avons pu découvrir ce parcours. La collecte des données pour Framerville-Rainecourt  n’a pas encore été réalisée. Avis aux amateurs !

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