UN JOUR, UN PARCOURS – Salomon DELAPORTE, d’Authie

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 10 mai 1891, Salomon DELAPORTE habite dans la commune d’Authie, charmant petit village de 491 habitants (et 150 maisons) blotti dans la vallée de la rivière éponyme, frontière naturelle entre la Somme et le Pas-de-Calais.

Salomon réside rue de Wanival, avec ses parents, Marguerite, sa sœur aînée, et le petit Félix, de douze ans son cadet. La rue de Wanival prolonge la Grande Rue. La famille vit au coeur du village.

A Authie, parmi les garçons, ils sont une bonne douzaine à avoir le même âge que Salomon. L’un de ces jeunes hommes habite juste à côté. Il s’appelle Henri DENEL. A l’Etat-Civil, il a été déclaré Joseph Gabriel Henri, mais tout le monde l’appelle Henri.

Les DELAPORTE et les DENEL sont voisins. Edouard Delaporte a réussi à créer une boulangerie. Toute la famille contribue à la réussite de cette petite entreprise. Marie sert les clients, et les enfants, donnent un coup de main.

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(sur cette vue d’avant-guerre de la Rue Warnival, la boulangerie est située sur la droite)

A côté, chez les DENEL, c’est plutôt Marie qui s’occupe du débit de boissons. Comme c’était souvent le cas à l’époque, l’établissement a plusieurs usages. Ici, il sert également d’échoppe de vannier. Le jeune Henri, après avoir été initié par son père, est lui aussi devenu vannier.

Salomon est âgé d’un an de plus qu’Henri. C’est le 8 octobre 1912 qu’il rejoint le 128e Régiment d’Infanterie, à Abbeville, pour y effectuer son service militaire. Henri part un an plus tard, en octobre 1913. C’est à Amiens, au 72e RI, qu’il est affecté. Il est heureux d’y voir arriver, quelques jours plus tard, un autre jeune homme d’Authie, Lucien PERIN.

Bons éléments, Salomon et Henri accéderont, l’un et l’autre, au grade de caporal.

Le 72e et le 128e RI ont été regroupés dans la 5e Brigade d’Infanterie. C’est donc sous un commandant unique qu’ils vont aborder les premiers combats, peu de temps après la déclaration de guerre. Le 22 août, en Belgique, ils sont en appui des régiments chargés de monter les premiers à l’assaut des Allemands. Ils opérent à l’Ouest de Virton, dans le secteur de Villers-la-Loue, Houdrigny et Meix-devant-Virton. Le 128e connaît déjà, à cette occasion, des pertes assez importantes. Le 72e, plus en retrait, s’en tire mieux, subissant toutefois de nombreux tirs d’artillerie allemande. Les deux copains d’Authie connaissent leur baptême du feu sans être blessés.

La retraite entraîne ensuite la 5e Brigade vers la Marne. La terrible Bataille de la Marne, du 6 au 10 septembre 1914, laisse des traces. Aucun répit n’est toutefois accordé aux troupes, malgré la victoire, et le départ vers le secteur de Sainte-Menehould est immédiat.  Il pleut beaucoup à partir du 12 au soir, presque sans discontinuer, et les chemins deviennent boueux, ralentissant la progression des troupes.

Le 14 septembre, le 72e dépasse Sainte-Menehould et appuie l’attaque du 128e sur Saint-Thomas. Les Français tentent d’occuper le village de Sernon que les Allemands cernent au trois-quarts. Dans ces premiers combats, Authie perd un de ses jeunes. Lucien PERIN est tué.

La progression des Français devient alors impossible. Les hommes du 72e et du 128e RI se heurtent aux tranchées allemandes ? La guerre de mouvement prend fin. Les hommes vont commencer à s’enterrer.  Pour les deux copains de la rue Wanival, c’est ici que tout prend fin, malheureusement. Tous les deux vont perdre la vie, ce 15 septembre 1914, à quelques centaines de mètres, l’un de l’autre.  Ils sont déclarés disparus. C’est seulement à l’été 1920, que les habitants de la rue Wanival apprendront qu’ils ont perdu, le même jour, au même endroit, deux de leurs jeunes voisins.

Félix, le petit frère de Salomon, du haut de ses 17 ans, est boulanger, dans la boutique que sa maman, devenue veuve, continue à tenir du mieux qu’elle peut. En cette année 1920, Félix est maintenant le seul homme de la maison. A côté, le commerce a fermé. Personne ne reprendra l’activité de vannerie. Il n’y a plus d’homme chez les DENEL.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  André MELET a réalisé la collecte de données pour la commune d’Authie.

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