UN JOUR, UN PARCOURS – Charles BLAVET de Parvillers-le-Quesnoy

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 17 octobre 1892, Charles est le fils d’Ulysse BLAVET et d’Anna DUROYON.

Ulysse est originaire du Quesnoy-en-Santerre. Son père était bonnetier et sa mère faiseuse de bas.

Anna résidait à Laucourt, village au Sud de Roye, distant d’à peine cinq kilomètres du Quesnoy-en-Santerre. Ulysse et Anna se sont mariés en novembre 1890 à Laucourt, puis sont venus s’installer au Quesnoy.

Ulysse et Anna résident dans une petite maison de la Rue de Lihons. Marie y naît en mars 1891 puis Charles en octobre 1892. Le Quesnoy-en-Santerre est un petit village de 150 habitants.

A la fin du XIXe siècle, la bonneterie autrefois prospère, a complètement disparu. L’activité est essentiellement agricole. Céréales, betteraves fourragères, betteraves à sucre sont les principales productions. Le rendement de toutes les cultures est très bon. Même si on trouve des moutons et quelques vaches laitières, la culture des riches terres du Santerre constitue la priorité des fermiers. Les produits de la ferme sont écoulés facilement sur le marché de Roye. Ulysse BLAVET est ouvrier agricole.

Les bancs de la classe d’Alcide DURY, l’instituteur public, ne sont pas souvent occupés.

L’hiver, le groupe de garçons est souvent au complet. La petite salle de classe, emplie d’une douce tiédeur de chauffage au bois, est un lieu où les enfants aiment à se retrouver.  A l’arrivée du printemps, les premiers travaux commencent dans les champs et les garçons sont souvent appelés pour apporter de l’aide dans les fermes du village. Apprendre à lire et à écrire devient alors moins important.

Ils sont six à suivre presque les mêmes cours. Ildephonse VIEILLE, né en 1889, est le plus âgé. Il habite Rue Verte dans la petite ferme de son père.  Les autres garçons sont nés en 1891 ou 1892.

Ils s’appellent Charles BLAVET, Marcel PARAIN, Paul RICBOURG, Joseph et Jules MOIRET. Ils représentent l’avenir du village. Ceux qui seront appelés, un jour, à fonder des familles et à permettre au village de continuer à vivre.

La mère de Marcel PARAIN est cultivatrice. Devenue veuve, elle élève seule ses enfants tout en exploitant la ferme. Paul RICBOURG vit chez ses grands-parents. Joseph et Jules MOIRET, les deux frères fréquentent aussi la classe.

A l’exception de Charles BLAVET qui habite Rue de Lihons et de Marcel PARAIN dont la ferme est située Rue de l’Eglise, les autres garçons résident dans la Rue Verte.

A la fin de leur scolarité, les garçons travaillent alors dans les fermes, en aidant leurs parents ou alors ils sont employés comme ouvriers agricoles ou domestiques de ferme dans les quelques exploitations du village ou dans la commune voisine de Parvillers.

Ildephonse est le plus âgé. C’est donc lui qui est le premier à partir au service militaire. Il le termine en septembre 1912 quelques jours avant que Paul RICBOURG, Marcel PARAIN et Joseph MOIRET ne soient convoqués pour remplir leur devoir. Paul est affecté au 87e Régiment d’Infanterie de Saint-Quentin dans l’Aisne. Marcel et Joseph rejoignent le 8e Bataillon de Chasseurs à Pied à Amiens.

Un an plus tard, Charles BLAVET et Jules MOIRET sont à leur tour incorporés. Charles est affecté au 120e Régiment d’Infanterie de Péronne. Le régiment vient de transférer ses effectifs à Stenay dans la Meuse. Charles se sent bien éloigné de sa famille et de son village. Jules retrouve Paul RICBOURG au 87e RI de Saint-Quentin.

Alors que Charles BLAVET prend le train pour rejoindre sa caserne à Stenay, le 8e BCP de Marcel PARAIN et Joseph MOIRET quitte ses locaux amiénois pour arriver dans sa nouvelle garnison à Etain, dans le département de la Meuse dont une partie du territoire dépend de la Région militaire d’Amiens. L’Armée française renforce la défense des frontières et plusieurs régiments de l’armée active comme le 120e RI ou le 8e BCP doivent se rapprocher de la Belgique. La guerre semble inévitable.

Nouvelles casernes à Etain destinées à accueillir le 8e BCP

Le 3 août 1914, la guerre est déclarée. Le 21 août, le 120e Régiment d’Infanterie franchit la frontière avec la Belgique, pays ami envahi par les troupes allemandes. Le 22 août, Charles BLAVET meurt. Il avait 21 ans. Il a définitivement fermé les yeux dans la plaine du Radan, à Bellefontaine.

Deux mois plus tard, Joseph MOIRET est tué également en Belgique, mais en Flandre occidentale où le 8e BCP avait été envoyé. Son frère Jules est fait prisonnier en décembre 1914 dans le Bois de la Gruerie.

Marcel PARAIN, évacué blessé à plusieurs reprises, meurt de ses blessures le 25 septembre 1915. Paul RICBOURG malade et blessé plusieurs fois est gravement blessé en juillet 1918. Survivant de la Grande Guerre, son état de santé n’est pas bon. Il meurt en avril 1929. Officiellement, pas de la guerre. Et pourtant…

Des six copains du Quesnoy-en-Santerre, seul Ildephonse VIEILLE  est indemne physiquement. Entré au chemin de fer avant la guerre, il a été « affecté spécial » comme cheminot. Le transport des troupes et du matériel était une priorité stratégique, tout autant que l’armement. Ildephonse n’a pas été blessé. Il a poursuivi ensuite sa carrière à la Compagnie des Chemins de fer du Nord, s’installant à Paris et devenant mécanicien.

Né en 1897, Désiré BLAVET, le frère de Charles, a été mobilisé en janvier 1916. Il a survécu. Après la guerre, il a rejoint sa mère dans l’Oise, près de Beauvais où elle résidait avec son plus jeune fils Ulysse né en 1904. La pauvre Anna avait besoin d’être entourée et ses deux garçons l’ont compris. Son mari était mort et la guerre lui avait pris son fils aîné. Anna était détruite. Désiré BLAVET n’est jamais revenu vivre dans le Santerre. Il est mort à Paris le 6 mars 1965.

Jules MOIRET, prisonnier au camp d’internement de Meschede en Allemagne a été rapatrié le 9 janvier 1919. La guerre était finie. Trois de ses copains étaient morts et un quatrième, Paul, était gravement blessé.

Jules a perdu ses copains d’enfance. Jules a perdu son frère. Quand il revient, son village du Quesnoy-en-Santerre est en ruines. Mais Jules MOIRET est vivant. La vie peut continuer.

La vie a continué. Jules MOIRET s’est marié en 1919 avec Georgette. Il a quitté son village et s’est installé à Hangest-en-Santerre où il a fondé une famille. Il est mort, à Roye, le 30 mai 1979.

Sur le petit monument aux morts du Quesnoy-en-Santerre sont inscrits les noms de trois des garçons qui ont partagé l’enfance de Jules. Les noms de Charles BLAVET, de Marcel PARAIN et de Paul RICBOURG. Le nom de Joseph MOIRET est inscrit sur le monument de Davenescourt, village où sa mère s’était installée depuis peu, à quelques kilomètres du Quesnoy-en-Santerre.

Lionel JOLY et Xavier BECQUET

Les communes de Parvillers et du Quesnoy-en-Santerre ont fusionné en 1968 prenant le nom de Parvillers-le-Quesnoy. Chacune des anciennes communes a son propre monument aux morts

Le nom de l’ancienne commune est Quesnoy-en-Santerre ou Le Quesnoy-en-Santerre selon les documents d’archives consultés.

Photo en tête d’article: « la prise du Quesnoy-en-Santerre » exposée au MuCEM de Marseille

Retrouvez les parcours d’autres jeunes hommes ayant vécu près de  PARVILLERS-LE-QUESNOY :

Alphonse HEMERY de BOUCHOIR

Job BOISSART de DAMERY

Léon DORIGNY de ROSIERES-EN-SANTERRE

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