Août 1914 : les premiers réfugiés

Depuis l’entrée des Allemands en Belgique, début août 1914, de nombreux Belges quittent le territoire national. Les Flamands du Nord de la Belgique se réfugient aux Pays-Bas où des bateaux doivent les transporter vers la Grande-Bretagne. Ceux situés plus au sud, prennent plutôt la direction de la France, en longeant la côte, loin des combats qui opposent Allemands et Belges, puis Français, dans  en région de Liège, puis en Province de Luxembourg. Quant aux Wallons, surpris par l’avancée des envahisseurs, et se trouvant très souvent en présence de missions de reconnaissance allemandes, ils ne quitteront que rarement le territoire. Puis, leurs territoires étant occupés dès la fin août par les Allemands, il ne leur est plus possible de fuir.

C’est le 6 août qu’on peut voir les premiers réfugiés belges à  passer à Amiens. Dès la fin août 1914, on les trouve dans les communes les plus occidentales du Pas-de-Calais, de la Somme et de la Seine-Inférieure (Seine-Maritime aujourd’hui). Certains ne font que passer pour descendre beaucoup plus vers la Bretagne ou La Rochelle. D’autres s’y installeront. Ainsi, à Mers-les-Bains, comme au Tréport ou à Ault, les réfugiés venus des régions de Dixmude et d’Ypres prennent pension. Ce sont souvent des personnes aisées qui peuvent payer un loyer, et pour certaines d’entre elles, qui étaient déjà venues en villégiature dans ces stations balnéaires de la Côte Picarde. Certaines sont accompagnées de domestiques, mais également de jeunes neveux ou nièces qu’il va falloir nourrir. L’accueil qui leur est réservé par les autochtones est très chaleureux. Les colonies scolaires sont réquisitionnées pour les héberger. Arrivés avec  curés, médecins, instituteurs, des petites communautés se créent immédiatement. Des messes seront rapidement organisées. Des salles de classe seront improvisées dans les locaux d’accueil. La langue néerlandaise ne facilite pas la communication avec les autochtones, mais, tant que ces premiers réfugiés ont (encore !) de l’argent pour subvenir à leurs besoins, tout se passe très bien. Car les Français, bien que majoritairement émus par ces familles qui fuient les « Boches », savent qu’ils ne pourront pas faire beaucoup plus. Le départ des hommes mobilisés commencent déjà à se faire sentir sur les revenus de familles modestes fragilisées par l’absence du revenu du père ou du fils. Les réfugiés sont essentiellement des femmes, des enfants, des hommes âgés. En Belgique aussi, les hommes ont été appelés à la mobilisation, et même arrivés sur le sol français, ils doivent répondre à l’appel du Roi Baudoin.

refugies belges 2

C’est au Havre qu’il va y avoir une concentration particulièrement importante de réfugiés belges. Les combats de la fin août 1914 s’éloignant de la côte, et même de Paris, pour se concentrer sur un large front entre la Marne et la Meuse, l’installation dans la ville portuaire semble une bonne idée pour beaucoup. Les chambres devenant trop peu nombreuses pour héberger tous ces nouveaux habitants, certains sont logés provisoirement sur des bateaux à quai. Le gouvernement belge, tout d’abord réfugié à Anvers, arrive dans l’agglomération du Havre, dans la petite commune de Sainte-Adresse.  Cette petite commune chic, de Normandie, a été préférée par les Belges à celle d’Abbeville, dans la Somme, et à Saint-Hélier, sur l’île de Jersey, qui s’étaient également proposées pour accueillir le gouvernement en exil.

Alors que les combats se livrent encore sur le sol belge, et que la résistance française, et britannique, semblait mise en mal, de nombreux  Français du Nord et du Pas-de-Calais se précipitent sur les routes dès le 22 et le 23 août en direction du Sud. Eux aussi passent par la Somme, et par la Normandie, pour descendre vers le Sud de la France ou rejoindre Paris. Certains industriels et commerçants, partis en abandonnant leurs entreprises, viendront également s’installer sur les côtes picardes et normandes. Partis dans l’urgence, ils ont pu emporter toutes leurs liquidités. Pour l’instant, subvenir aux besoins des membres de la famille réfugiée ne pose pas de problème.

Mais la guerre ne fait que commencer…

 

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