16 août 1914 : la guerre navale commence

La France ayant officiellement déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie, elle se doit d’assurer l’aide des pays des Balkans qui se sont ralliés à la Triple-Entente, comme la Serbie et le Monténégro.

En méditerranée, la marine Austro-Hongroise lance les hostilités. Elle entame  un blocus naval des ports importants du Monténégro afin de préparer une invasion de la Serbie en l’affaiblissant. Les Forces navales Monténégrines  alliés des Serbes, sont alors inexistantes. Les bâtiments de guerre Autrichiens ne se contentent pas d’arraisonner les navires marchands: Ils bombardent les ports, détruisent les installations, les empêchant de rester opérationnels.

Le gouvernement britannique décide de laisser la France gérer les opérations navales dans ce secteur.

Le 16 août, la flotte française entre dans l’Adriatique, avec 15 cuirassés et 6 croiseurs cuirassés. Elle surprend rapidement le croiseur léger austro-hongrois, Zenta  alors qu’il bombarde la ville d’Antivari, au Monténégro.

Le Zenta est accompagné du destroyer Uhlan et de deux torpilleurs. Si les trois autres navires parviennent à fuir, le Zenta est rapidement coulé par la flotte française. De nombreux hommes de l’équipage périssent dans l’attaque.

C’est certainement le premier combat naval de la Grande guerre. Il y en aura beaucoup d’autres.

Pendant ce temps, sur terre, la Bataille des Frontières continue à se préparer.  Les Chasseurs et les Dragons français mènent déjà des missions de reconnaissance en territoire belge depuis près de 10 jours maintenant, avec des informations sur la localisation des troupes allemandes restant très peu exploitables. Les soldats français de l’Armée active des régiments d’infanterie sont maintenant au plus près de la frontière du sud de la Belgique. C’est le cas du 120e régiment d’infanterie.

Un jeune appelé de ce régiment,  Michel Gardez, originaire de la Somme, écrit cette lettre à ses parents et à sa sœur, le dimanche 16 août à 10 heures du matin :

Mes Chers Parents et ma chère Liline

J’ai reçu encore hier soir une lettre de la maison qui était datée du 7 dernier, ce qui m’a éprouvé un sensible plaisir car je m’ennuyais de ne rien recevoir. Mais enfin, ce n’est pas de votre faute car les lettres sont retardées de huit ou dix jours et d’autant plus elles passent pas notre dépôt à Péronne pour y poser l’adresse des pays là où nous sommes. J’espère maintenant en recevoir plus souvent car vous me dites que vous m’écrirez tous les deux jours, quant à moi, de mon côté, je vois que vous ne recevez pas souvent les miennes, mais cependant je vous écris de temps en temps, aussitôt que j’ai un moment. Je vous ai déjà envoyé cinq ou six lettres. Enfin cela ne fait rien puisque nous ne mettons plus de timbres et qu’il n’y a rien à l’intérieur. Que voulez-vous, l’on se contente comme cela, il le faut. De votre côté, ne mettez rien non plus à l’intérieur crainte qu’elles s’égarent d’autant plus que je n’ai besoin de rien. J’ai tout ce qui faut sur moi et puisqu’il n’y a pas moyen de rien acheter car tous les patelins sont épuisés de vivres. Mais enfin, je trouve de temps en temps du lait et notre compagnie nous nourrit bien donc l’on ne se plaint pas trop.

Recevez, mes bien aimés parents et ma sœur Liline, mes plus tendres baisers de tendresse et d’amitié que je possède pour vous trois, de même qu’un bonjour lointain.

Bonjour aux amis du pays qui s’intéressent à moi. Adieu. Bonne santé. Bon espoir.

Amitiés d’un fils

Michel Gardez (bien portant).

Je vous mets à l’intérieur de ma lettre ma nouvelle adresse pour mes lettres à recevoir que vous voudrez bien exécuter (Ordre du Général).

 Michel Gardez ne sait pas que cette lettre est la dernière. Six jours plus tard, le 22 août 1914, c’est en Belgique, dans la plaine du Radan à Bellefontaine, que le petit peintre en bâtiment de Fontaine-sur-Somme vivra ses derniers instants. A l’âge de 22 ans…

 

RETROUVEZ TOUTES LES CHRONIQUES QUOTIDIENNES DU DEBUT DE LA GRANDE GUERRE, A PARTIR DU 28 JUILLET 1914, EN CLIQUANT ICI

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