15 août 1914 : la fin de la résistance liégeoise

Les forts liégeois sont tombés, les uns après les autres. Le fort de Loncin, le seul semblant encore en mesure de résister, subit une pluie d’obus pendant toute la journée du 14. Les villages de Loncin et d’Alleur sont occupés par l’adversaire. Le fort est isolé et la dernière mission envoyée pour obtenir des renseignements a dû rapidement rebrousser chemin. Les défenseurs du fort subissent sans pouvoir agir. Ils ne connaissent pas l’emplacement des batteries allemandes positionnées dans les villages aux alentours.

Toutes les minutes, plusieurs projectiles éclatent sur le massif central, au-dessus des installations souterraines, dans un vacarme de tonnerre. Toute la garnison a été réunie dans la vaste galerie centrale dont la voute, qui dépasse les 2,50 m, semble un abri sûr. A l’aube du 15 août, profitant d’une accalmie, le général Leman et Naessens, le commandant du fort, constatent l’étendue des dégâts. Toute la partie centrale du fort et les tourelles n’ont finalement pas été trop endommagées, contrairement aux locaux périphériques beaucoup moins bien protégés. C’est donc bien sous le massif central que doivent être regroupés les 500 hommes, dans la salle de rassemblement. Si le fort a résisté aux obus de 210 mm, qu’en sera-t-il si les Allemands utilisent la Grosse Bertha et ses obus de 420 mm pesant chacun 931 kg et rempli de 106 kg d’explosif ? L’optimisme n’est pas de mise, en ce 15 août au matin. D’autant que la pollution de l’air, à l’intérieur, commence à fortement incommoder les hommes.

A 13h, c’est Lantin, le plus proche fort de celui de Loncin, qui est vaincu. Des canons allemands supplémentaires deviennent donc disponibles pour faire tomber Loncin.

L’Etat-major allemand avait décidé de quitter Liège, au plus tard, le 16 août. Il faut donc utiliser les grands moyens. A 15h, les trois premiers obus de 420 tombent à proximité du fort. Après quelques réglages, les tirs se font plus précis et touchent la structure du fort. A l’intérieur du bâtiment, le bruit est insoutenable. Le béton se fractionne. Des incendies se déclenchent.

A 17h, une explosion formidable ébranle tout le fort. L’incendie a atteint la poudrière. Les charges de tir explosent, soufflant la calotte du fort qui retombe aussitôt dans un fracas épouvantable. 350 hommes sont écrasés à l’intérieur. Bloqués, pour toujours, sous des tonnes de béton.

Le bruit de l’explosion est entendu sur des dizaines de kilomètres. L’artillerie ennemie se tait et les Allemands prennent possession rapidement du fort, dégageant quelques blessés et emportant les rares rescapés comme prisonniers. Le général Leman et le commandant Naessens, blessés, sont emmenés. Ils seront emprisonnés en Allemagne. Naessens ne sera rapatrié qu’en novembre 1918 et Leman subira une amputation pendant sa captivité.

Le drame de Loncin suffit à convaincre les 2 derniers forts liégeois de se rendre.

La voie est maintenant libre pour l’Armée allemande. Elle va pouvoir faire transiter sans problèmes toutes les troupes chargées de rallier  le sud de la Belgique et franchir la frontière française…

 

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Une réponse sur « 15 août 1914 : la fin de la résistance liégeoise »

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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