Louis Augustin Joseph BOUTTE d’Ebalet (Saint-Blimont), une victime de la Bataille de la Somme

Bataille de la Somme – 1916

Ebalet est un des trois hameaux rattachés à Saint-Blimont, un village situé au sud de Saint-Valéry-sur-Somme dans le Vimeu en Picardie maritime.

Louis Augustin Joseph BOUTTE y nait le 13 juin 1896. C’est le fils d’un serrurier Joseph Blimont Hippolyte, né en 1861 et d’Angelina LENNE, ménagère, ils se sont mariés le 12 mai 1888 à Cayeux-sur-Mer, commune de naissance d’Angelina qui exerce alors le métier de couturière.

Au recensement de 1906 à Saint-Blimont, Louis Augustin Joseph habite à Ebalet avec ses parents et une sœur aînée qui se prénomme Gabrielle, couturière avec sa mère. Née en 1889  dans ce hameau, elle se marie à Emile LESUEUR le 22 juin 1913 à Saint-Blimont. Elle décédera en 1958.

En 1911, Louis Augustin Joseph BOUTTE est serrurier-polisseur chez les IMBERT, grande usine de serrurerie à Friville-Escarbotin, commune limitrophe de Saint-Blimont. Les frères IMBERT ont marqué l’histoire industrielle locale au XIXe et XXe siècle en tant que fondateurs et dirigeants de cette usine. Le Vimeu est considéré comme le berceau de la serrurerie en France, Vimeu dont Louis XIV a été le premier client pour équiper le château de Versailles.

Lors du Conseil de révision qui se tient à Saint-Valéry-sur-Somme en 1915, Louis, un jeune homme de 1,66m aux cheveux châtains et aux yeux bleus, est reconnu apte pour le service militaire. En raison des besoins immenses en soldats, la classe 1916 dont il fait partie, est mobilisée par anticipation début 1915.

Le 9 avril 1915 Louis incorpore le 87ème Régiment d’Infanterie en garnison à Saint-Quentin dans l’Aisne pour recevoir son instruction militaire avant d’être envoyé sur le front.

A l’automne 1915 il prend part à la seconde Bataille de Champagne, aux combats dans les secteurs fortifiés des Hauts-de-Meuse. En octobre 1915 il contribue aux attaques sur Tahure puis c’est Verdun au printemps 1916.

Le 5 juillet 1916 Louis Augustin Joseph passe au 67ème Régiment d’Infanterie qui est en action dans le sud de l’Aisne et qui vient de subir des lourdes pertes. Il faut renforcer les bataillons décimés!

Puis par étapes successives cette unité se dirige vers la Somme où de violents affrontements ont lieu depuis le début du mois de juillet 1916. Le 67ème R.I. doit attaquer les hauteurs retranchées du bois de Saint-Pierre-Vaast au nord de Bouchavesnes-Bergen. Ce bois, près de Rancourt, était puissamment fortifié par les Allemands

Louis Augustin Joseph BOUTTE y est grièvement blessé le 25 septembre 1916 lors de l’attaque d’une position ennemie et sous un pilonnage d’artillerie massif et de tirs de mitrailleuses incessants. Après avoir été évacué vers l’arrière, il a été pris en charge par l’ambulance militaire numéro 3 de la 67ème Division d’Infanterie stationnée dans la commune d’Etinehem (Somme) depuis le 20 septembre 1916. C’est dans cette structure qu’il décèdera le 27 septembre, Louis venait d’avoir 20 ans !

Louis est cité à l’Ordre du Régiment le 7 octobre 1916 en ces termes : « Bon soldat, s’est toujours bien conduit. Grièvement blessé le 25 septembre 1916 en se portant à l’assaut d’une position ennemie. Est mort des suites de ses blessures ». Louis sera décoré à titre posthume de la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

Son décès est transcrit en mairie de Saint-Blimont le 24 novembre 1916.

Le nom de BOUTTE Louis est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Blimont ainsi que sur une Plaque commémorative de l’église de ce village.

Joseph et Angelina ont perdu leur seul fils, ils continueront leur vie à Saint-Blimont où Angelina décèdera en 1930, et le père disparaitra en 1937 à Pendé.

– Le grand-père de Louis Augustin Joseph BOUTTE, natif de Vaudricourt, une localité voisine de Saint-Blimont, se prénomme Augustin. Marié à Alexandrine PARMENTIER, il exploite une ferme à Ebalet aidé de ses trois fils : si Joseph Blimont Hippolyte et son frère aîné François Augustin, né en 1855, continuent à travailler la terre et à s’adonner à la serrurerie, Blimont Augustin, le benjamin de la fratrie né en 1869 va devenir instituteur. Marié à Joséphine GUILBAUT en 1892, André, un cousin de Louis, va naître de cette union le 21 septembre 1893 à Mers-les-Bains. Comme son père il fréquentera l’Ecole Normale d’Amiens et sera instituteur.

André, jeune instituteur-adjoint à Saint-Blimont, est incorporé au 128ème Régiment d’Infanterie en 1913. Caporal il décède deux ans plus tôt que Louis, des suites de ses blessures, le 8 septembre 1914 à Pargny-sur-Saulx au lieu-dit La Tuilerie, lors de la Première Bataille de la Marne. Il avait 21 ans. Une plaque fixée sur un mur de l’école de Saint-Blimont rappelle qu’il y fut enseignant.

Ecole de Saint-Blimont

Jean Delhaye – Danièle Remy

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