8 août 1914 : savoir reconnaître amis et ennemis

Les combats se poursuivent à Liège entre l’héroïque armée belge et l’armée allemande. L’ennemi est maintenant présent dans toute la ville, et, ses troupes viennent de prendre le fort de Barchon. Cette brèche dans la ceinture des 12 forts, permet aux Allemands de commencer à positionner leur artillerie pour atteindre plus facilement les autres forts.  En effet, il faut arrêter rapidement les tirs d’obus venant des ouvrages fortifiés provoquant de lourdes pertes parmi les troupes qui continuent de passer le long de la Meuse pour rejoindre le sud du pays.

Côté français, le 8 août, c’est presque l’euphorie. Tentant une offensive en Alsace, les soldats français prennent Altkirch, puis Mulhouse assez facilement. Les Allemands exercent un repli, qu’on ne sait pas encore être stratégique. La victoire française est célébrée à Paris comme dans toute la France, à travers la presse. Reprendre l’Alsace reste un voeu pour nombre de Français et un des motifs populistes utilisé pour attiser encore un peu plus la haine de l’Allemand. Le victoire ne sera que de courte durée, puisque, deux jours plus tard, l’Alsace redeviendra complètement « allemande ». Les  Alsaciens ne verront plus jamais de Français dans leur région avant la signature de l’Armistice, en 1918. Mais pour l’instant, en ce 8 août 1914, les Français savourent leur belle victoire et le font largement savoir dans tout le pays.

En Belgique, les missions de reconnaissance vont bon train, pour les deux belligérants. Les résultats restent toutefois peu probants côté français, où on préfère tirer tout de suite sur l’ennemi qu’on aperçoit, plutôt que de tenter de localiser le gros des troupes. Afin de reconnaître plus facilement l’ennemi, une planche illustrée a été largement distribuée aux troupes françaises.  Cette planche sera reprise dans le journal « L’Illustration ». Les accidents sont pourtant nombreux, y compris dans un même camp…

Le 8 août, une sentinelle française, postée près du pont de Gérouville, tue par méprise un soldat du 2e escadron du 28e Dragons. Il s’agit du brigadier Albert Chenot dirigeant une patrouille entre les avant-postes de son régiment à Saint-Vincent (près de Bellefontaine) et ceux du 51e RI de Beauvais. En mourant, il est dit qu’il s’écria « Je suis content. C’est pour la France ! ». il sera enterré le lendemain avec les honneurs militaires. Il venait d’avoir 23 ans.

dragons

Le 2e Corps d’Armée, c’est-à-dire celui qui englobe les troupes de la région militaire d’Amiens, passe de la IIIe à la IVe Armée française. Il sera, à partir de ce jour, sous le commandement du général Langle de Cary, et devra défendre la frontière située au sud de la Belgique, en Gaume. Dans l’hypothèse d’une éventuelle offensive allemande, les soldats français continuent à effectuer des travaux de défense qui se révéleront inutiles. Il faut dire qu’à part la citadelle de Montmédy, et beaucoup plus loin, le château de Sedan et le Fort des Ayvelles, près de Charleville-Mézières,  les ouvrages fortifiés restent bien rares côté français, sur la route vers…Paris.

 

RETROUVEZ TOUTES LES CHRONIQUES QUOTIDIENNES DU DEBUT DE LA GRANDE GUERRE, A PARTIR DU 28 JUILLET 1914, EN CLIQUANT ICI

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