
Numa Lucien Edouard BONTAMS (ou BONTEMPS) naît à Chaussoy-Epagny le 31 octobre 1883. Son père Edouard, originaire d’Hallivillers, commune voisine, est journalier et il a 21 ans. Sa mère, Marie née BOILEAU, a 18 ans et 11mois ; elle est aussi journalière.
Edouard et Marie se sont mariés le 30 juin 1883 à Chaussoy-Epagny. Numa est leur seul garçon qui verra les premières années du XXème siècle. Les deux frères de Numa, Aimé et Marius, décèdent en bas-âge en 1886 et en 1898.

Chaussoy-Epagny est une commune traversée par la Noye, affluent de l’Avre. Les chutes de ce cours d’eau ont été mises à profit pour y établir des usines, scieries, moulins ; on compte deux scieries et un important moulin à farine à Chaussoy-Epagny. La culture des céréales et de betteraves occupe une grande partie de la population. Epagny et Hainneville étaient deux hameaux de Chaussoy avec un nombre d’habitants proche de ce dernier. C’est d’ailleurs dans le hameau d’Epagny que résidait la famille BONTAMS.

Lorsqu’il se présente au Conseil de révision en 1903 à Ailly-sur-Noye, le chef-lieu de canton de Chaussoy-Epagny, Numa est cultivateur. Ce jeune-homme aux yeux bleus, aux cheveux châtains et mesurant 1,59 m est reconnu apte pour le service militaire.
Le 16 novembre 1904 il est incorporé au 1er Régiment de Zouaves. Le 2ème classe Numa BONTAMS est sous les drapeaux en Algérie du 28 novembre 1904 au 18 juillet 1907, à la caserne d’Orléans à Alger, le service militaire était alors de 3 ans.

Il est envoyé avec son certificat de bonne conduite en disponibilité de l’armée active. Il effectue avec le 11ème Régiment de Zouaves deux périodes d’exercices, la 1ère du 29 août au 20 septembre 1910 et la seconde du 14 au 30 mai 1912.
Alors qu’il est « débourreur » autour des chevaux, Numa est rappelé à l’armée suite à l’ordre de mobilisation générale, le 3 août 1914. Il est affecté au 1er Régiment de Marche des Zouaves (R.M.Z.) mis sur pied à partir du 10 aout 1914 à Saint-Denis.
Le 1er R.M.Z. prend part à la Bataille des frontières qui voit la défaite des troupes françaises fin août 1914. Après la retraite vers le sud, Numa et son régiment combattent dans l’Aisne en septembre 1914.
Numa est promu caporal le 16 novembre 1914 alors que son unité se trouve en Belgique dans le secteur de l’Yser. Jusqu’en juin 1915, ce sera les combats en Flandre belge.

Etant aux armées, Numa se marie par procuration le 30 juin 1915 avec Berthe WAGNER, la maman d’une petite Lucienne née le 21 août 1914 à Chaussoy-Epagny. Lors de son mariage, Numa reconnait Lucienne WAGNER comme sa fille légitime. Celle-ci décèdera le 31 mars 1985 dans le Cher à Saligny-le-Vif.
Après juin 1915 nous retrouvons le 1er R.M.Z aux environs de Roye. Ensuite ce sont les affrontements de Cumières dans la Marne en mars 1916. Numa est en repos avec son régiment à Pargny-sur-Saulx en avril 1916. Puis par étapes successives dans l’Aisne et l’Oise, le régiment se rapproche des combats dans l’est de la Somme où la bataille a débuté en juillet avec l’offensive franco-anglaise.
En octobre 1916, le caporal BONTAMS combat à Ablaincourt près de Chaulnes.
Numa décède face à l’ennemi le 8 novembre 1916 à Le Pressoir près d’Ablaincourt.

Il sera cité à l’ordre de la brigade 39 du 1er R.M.Z. en ces termes : « le 7 novembre 1916 à l’attaque du Pressoir s’est particulièrement signalé par son entrain et sa grande bravoure, a pris le commandement de sa demi-section au cours du combat, a été tué le lendemain de l’attaque au cours du bombardement des positions. Excellent caporal d’un dévouement absolu ».
Numa BONTAMS sera décoré à titre posthume le 21 février 1923.
Numa est inhumé tombe n° 2382bis à la Nécropole Nationale de Maucourt près de Rosières-en-Santerre.

Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Chaussoy-Epagny, sur un Monument aux Morts se trouvant dans le cimetière communal et sur une plaque commémorative dans l’église Saint-Denis de ce village.


Jean Delhaye – Danièle Remy

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