Valère PECOUL et son frère, des enfants de Revelles

Revelles, commune d’environ 500 habitants en cette fin de XIXème siécle, est située à 15 km au sud-ouest d’Amiens et fait partie du canton de Molliens-Vidame.

C’est là que Valère Jules Alphonse PECOUL nait un samedi 7 juillet 1884. Il est le second fils d’Henri PECOUL et d’Obéline PENNELIER.

Avant lui, le 28 octobre 1882, est né à Fresnoy-au-Val (Somme), un premier garçon : Onésime Henri Alfred, que la famille appelait Pazime.

Le père d’Onésime et de Valère, Henri PECOUL, est originaire de Fresnoy-au-Val. Il y est né le 13 juillet 1858 et y exerce le métier de maréchal ferrant comme son père Alfred.

Leur mère, Obéline PENNELIER, est née à Revelles le 18 décembre 1858 où elle est journalière.

Henri et Obéline se marient à Revelles le 20 mai 1882, c’est dans ce village qu’ils sont venus s’installer quelques temps après la naissance d’Onésime. Il n’y aura pas d’autres naissances ; Henri et Obéline n’auront que deux fils.

Lors de son conseil de révision en 1904, Valère, jeune homme d’1m66 aux yeux marron et aux cheveux châtains exerce la profession de maçon, comme plusieurs jeunes dans le village. Il effectue son service militaire du 8 octobre 1905 au 18 septembre 1906 au 72e Régiment d’Infanterie à Amiens. Dégagé de ses obligations militaires, il retourne vivre chez ses parents à Revelles où il exerce maintenant la profession de journalier agricole.

En 1906, la famille habite rue du Bois à Revelles. Henri est aussi journalier agricole chez René DUBOIS, propriétaire exploitant ; cette commune est essentiellement tournée vers l’agriculture et l’élevage.

 En 1908 et en 1913, Valère regagne son régiment pour y effectuer deux périodes d’exercices avant d’être affecté au 150e Régiment d’Infanterie, caserné à Saint-Mihiel dans la Meuse, le 15 avril 1914. Et c’est ce régiment qu’il rejoint le 3 aout 1914 lors de la mobilisation générale.

Alors que son régiment se trouve à Souain dans la Marne, le 28 septembre 1915, Valère est blessé côté temporal droit. Après avoir participé à l’Offensive de Champagne, le 150e régiment va rejoindre Verdun où une dure bataille se prépare. Les combats sont violents. L’ennemi veut à tout prix s’emparer du sommet de la colline du Mort-Homme. C’est lors d’une de ces attaques que Valère est tué le 26 avril 1916 à Fromeréville au pied de cette désormais célèbre colline du Mort-Homme, située à 10 km au Nord-ouest de Verdun dans la Meuse. Cela fait exactement 110 ans.

La transcription de son décès a été transmise à Revelles en juillet 1916. Valère est Mort pour la France dans sa trente-deuxième année.

Il fut inhumé dans un premier temps à Fromeréville, bien loin de sa terre natale.

Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Revelles et sur la stèle commémorative dans l’église Saint-Martin de cette même commune.

Valère s’était marié à Rumaisnil le 1er avril 1911 avec Laure DESJARDINS née le 26 octobre 1888, dans ce village. Un petit garçon, Daniel, est né de leur union en 1912.

Devenue veuve, Laure élève son fils âgé de quatre ans au décès de son père. Ils résident à Revelles, d’abord rue du Bois puis rue Malassise. Elle exerce alors la profession de journalière agricole. Quand Daniel quitte le foyer, Laure reste à Revelles ; elle est maintenant domestique chez André MAGNIEZ, cultivateur rue d’Amiens. Elle décèdera dans cette commune le 19 juin 1951.

A la fin de la guerre, Henri et Obéline, qui vont finir leurs jours à Revelles, n’ont plus qu’un seul fils : Onésime.

De la classe 1902, Onésime, jeune homme d’1m64 aux cheveux et aux yeux noirs, était maçon comme son frère.

Il accomplit son service militaire au 3ème Régiment de Chasseurs à Cheval dès le 16 novembre 1903, nommé brigadier en septembre 1905 il est envoyé en congé le 18 septembre 1906.

Onésime avait épousé, à Guignemicourt le 20 février 1908, Marie MARGRY originaire de cette commune. Une fille, Marie, nait de leur union le 13 janvier 1910 à Amiens, la capitale picarde où ils résidaient.

Comme son frère, il a également été mobilisé le 2 août 1914, mais ayant accompli une période d’exercices à la 5ème Section de Chemins de fer de Campagne, il sera maintenu à la Compagnie du réseau du Nord, en tant qu’affecté spécial à Amiens comme aide-ouvrier, jusqu’au 8 mars 1919. Revenu à la vie civile, il travaillera à la SNCF et décèdera à Amiens à l’âge de 90 ans.

A l’école de Revelles où enseignait l’instituteur Cyrille MOREL et dans l’église Saint-Martin où officiait le curé Adrien CALIPPE, les frères PECOUL ont côtoyé Eugène NORMAND, né dans ce même village le 19 mai 1883.

Blond aux yeux bleus et mesurant 1m69, Eugène fait son service militaire du 16 novembre 1904 au 30 mars 1907 au 8ème Bataillon de Chasseurs à Pied à Etain dans la Meuse. Il effectue deux périodes militaires dans ce même régiment en 1910 et en 1913. A Revelles, il exerce aussi la profession de journalier agricole.

Le 4 aout 1914, Eugène NORMAND rejoint le 48ème Bataillon de Chasseurs à Pied qui a été formé à Amiens dès le premier jour de la mobilisation. Après avoir combattu lors de la bataille de la Marne, le 48ème doit relever les troupes anglaises dans leurs tranchées au nord de Soupir dans l’Aisne. Le 2 novembre 1914, à six heures du matin, des projectiles lourds s’abattent sur les positions françaises, Eugène Normand est porté disparu.

Son nom figure sur le Monument aux Morts de Revelles mais aussi sur le calvaire commémoratif de Nampty (Somme).

Calvaire du Souvenir à Nampty

Deux frères, un copain, trois destinées. Onésime PECOUL revient, Valère PECOUL et Eugène NORMAND ne reviennent pas. Valère laisse une veuve et un petit garçon, Daniel, âgé de quatre ans.

Onésime vécut assez longtemps pour voir la paix revenir une seconde fois en 1945.

Valère et Eugène, eux, sont restés à jamais les jeunes hommes de trente et un ans !

Eglise de Revelles

Anick Bardet – Danièle Remy

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