Alfred ROUSSEL de Thièvres

A Bouquemaison le 18 mai 1895, Adéodat ROUSSEL, maréchal-ferrant a épousé Laetitia BINET, domestique de ferme, née le 5 mai 1870 dans cette commune.

Moins d’un an plus tard, le 4 janvier 1896 dans le village de Thièvres, il y a 130 ans, Adéodat déclare la naissance de son fils unique Alfred, Numa, Adéodat.

Adéodat, le père, est originaire d’Aubrometz où il est né en 1869, un village situé à l’Ouest de Frévent (Pas-de-Calais).

En 1906 à Thièvres, il y a moins d’une centaine d’habitants dans cette commune samarienne, située à cheval sur les départements de la Somme et du Pas-de-Calais. On y trouve surtout des cultivateurs mais aussi un meunier et son aide, un cordonnier, un charpentier, un débitant de boissons ….

Adéodat est maréchal-ferrant dans la Grande Rue, cette rue sépare les habitations de la Somme de celles du Pas-de-Calais.

En 1911, le jeune Alfred apprend le métier de son père, plus tard, il sera lui aussi maréchal-ferrant.

Au printemps 1915, alors âgé tout juste de 19 ans, Alfred passe le conseil de révision au chef-lieu de canton : Acheux-en-Amiènois. Cheveux châtains et yeux gris pour 1,64m, il a un bon niveau d’instruction, grâce à l’instruction promulguée par Augustin CHOQUET l’instituteur.

Le 10 avril 1915, il est incorporé au 147ème Régiment d’Infanterie (R.I.), ce régiment qui a subi de lourdes pertes, reçoit ces nouvelles recrues de la classe 15. Celles-ci sont vite intégrées et montent en première ligne, épaulées par les anciens, dans le secteur du Ravin de la Mort (les Eparges-Meuse).

Le Ravin de la Mort – printemps 1915

Début décembre 1915, Alfred passe au 87ème R.I., le régiment est positionné en Hauts-de-Meuse et c’est là qu’il passe l’hiver, dans le secteur du Bois Bouchot. Le 21 juin 1916, après avoir combattu à Verdun  depuis quelques mois, Alfred passe au 245ème R.I. qu’il rejoint au cantonnement de Belleray sur les bords de la Meuse, au Sud Est de Verdun. Puis c’est le départ vers le Sud de l’Alsace où il restera, avant de rejoindre le Territoire de Belfort. Il retournera dans l’Est  de Verdun à partir de septembre dans le secteur de Trouville, « village situé sur la frontière de 1870 ».

Le 14 octobre 1917, le 245ème R.I. est dissous et Alfred rejoint le 320ème R.I. comme bon nombre de ses compagnons d’arme. Le régiment est reconstitué à Guerpont-Silmont, au Sud-Est de Bar-le-Duc, à une vingtaine de kilomètres de Commercy.  Le 320ème prend alors position à Saint-Mihiel. Lors d’un coup de main porté dans le secteur du Bois d’Ailly le 14 décembre, Alfred est blessé par balle à l’abdomen et à l’avant-bras gauche.

Evacué sur l’hôpital mixte de Commercy, il décèdera à 14h30 le jour même de ses blessures. Alfred aurait eu 22 ans le 4 janvier 1918 !

Il sera cité à l’ordre du régiment le 23 décembre dans les termes suivants : ’Très bon soldat courageux et dévoué, a été mortellement blessé le 14 décembre tandis qu’il réparait le réseau en avant des tranchées de première ligne’’.

Il était titulaire de la croix de guerre avec étoile de bronze, reçue le 14 novembre 1917 lors d’une précédente citation à l’ordre du régiment :

’’Bon soldat très courageux et dévoué, a, du 14 au 27septembre 1917, assuré des ravitaillements pénibles dans un secteur incessamment bombardé et soumis le 24 à une violente attaque’’.

La transcription de son décès a été effectuée à Thièvres, son village natal, où il ne sera jamais maréchal-ferrant…

Le nom de ROUSSEL Alfred est inscrit sur le Monument aux Morts de Thièvres et sur une plaque commémorative dans l’église Saint Pierre.

Danièle Remy – Lionel Joly

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