Fusillés pour l’exemple

Ils s’appelaient Emile, Georges et Ernest. Ils effectuaient leur service militaire au 120e régiment d’infanterie quand la guerre a été déclarée, le 3 août 1914. Des jeunes hommes de la SOMME et des ARDENNES, tués dans les premières semaines de la guerre. Non ! Pas tués, mais fusillés.

Fusillés…pour l’exemple !

Ils avaient déjà subi les premiers combats meurtriers de la Bataille des Frontières, en août 1914, voyant tomber, dans le village de Bellefontaine (Belgique), plus de 900 camarades du 120e RI, dont la plupart étaient originaires de la Somme et des Ardennes, comme eux.

Suite à la terrible défaite du 22 août 1914, l’ordre de retraite fut prononcé vers Cesse (dans la Meuse), puis Sermaize-les-Bains (dans la Marne).

Les pertes y furent encore très lourdes. Le 120e régiment, en 1 mois seulement, perdit plus de la moitié de ses hommes, avant de s’embourber, pour plusieurs semaines, dans les terribles combats de l’Argonne.

En quelques semaines, les hommes qui composaient le régiment au départ de la guerre, devenaient de moins en moins nombreux. Tous leurs copains de la Somme et des Ardennes disparaissaient autour d’eux pour toujours. Qui serait le prochain ?

Il fallait en permanence apporter du sang neuf, tout en obligeant ceux qui restaient à ne pas défaillir. L’Etat-major voulait empêcher toute velléité de désertion. Le mot d’ordre devenait : mort aux lâches !

En 3 mois, entre le début septembre et la fin novembre 1914, il y eut une pluie de condamnations rendues par l’autorité militaire. Au moins 6 des jeunes hommes du 120eRI furent exécutés !

Georges CARDON, de Bouchon (Somme), fusillé, le 9 septembre 1914, à Sermaize-les-Bains. Motif : déserteur.

Henri PARPAITE, de Givonne (Ardennes), fusillé le 9 septembre 1914 à Sermaize-les-Bains. Motif : déserteur.

Léon MAGNIER, d’Albert (Somme), né à Pierrecourt, en Seine-Maritime, fusillé le 2 octobre 1914, au Bois de la Gruerie. Motif : abandon de poste et mutilation volontaire.

Emile FLANDRE, d’Etricourt-Manancourt (Somme), fusillé, le 29 octobre 1914, à Florent-en-Argonne. Motif : mutilation volontaire.

Ernest LETURGEZ, de Villers-Bretonneux (Somme), fusillé le 10 novembre 1914, à Vienne-le-Château. Motif : abandon de poste en présence de l’ennemi.

Pierre BERTRAND, 22 ans, né à Messincourt (Ardennes), fusillé le 10 novembre 1914. Motif : abandon de poste.

Méritaient-ils un tel châtiment ? Une mort pour l’exemple ? Une fin de vie tragique décidée au sein de son propre camp ? Nous ne le pensons pas. Ils ont été, eux aussi, les victimes de la guerre, au même titre que tous ceux dont les noms figurent sur les monuments aux morts de nos communes. Ils sont, eux aussi, morts pour la France. Pour une France qui, par peur de la défaite, a fait le choix de sacrifier certains de ses jeunes Français. Des morts fratricides terriblement inutiles et injustes.

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