
Alphonse Georges PAYEN est né au Crotoy le 29 avril 1885. Son père Florentin est ménager, il a alors 25 ans. Sa mère Marie Désirée Rosa née MOPIN est ménagère et elle est âgée de 20 ans. Ils se sont mariés en 1883 au Crotoy.
Alphonse Georges est l’aîné d’une fratrie de trois garçons. Adolphe, né le 12 mai 1886, décède au Crotoy à l’âge de cinq mois. Le dernier garçon, Emile, voit le jour le 21 mai 1888.
En cette fin du 19ème siècle, Le Crotoy compte un peu moins de 2000 habitants. Si cette localité, située sur la baie de Somme, se tourne pour une bonne part vers des activités liées à la mer, les PAYEN travaille la terre. La famille habite en 1906 rue de la Croix.

Lorsqu’Alphonse Georges, cultivateur comme ses parents, se présente au Conseil de révision au chef-lieu de canton de Rue, c’est un jeune homme de 1,66 m aux cheveux châtains et aux yeux bleus. Sous le matricule n° 595 Alphonse Georges incorpore le 87ème régiment d’infanterie à Saint-Quentin dans l’Aisne, le 9 octobre 1907. Soldat de 2ème classe, il est renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1909 avec son certificat de bonne conduite.

Dans le mois qui suit, le 23 octobre 1909, il se marie avec Fannie Rose Emilie HERBOMEL, native aussi du Crotoy. Celle-ci est née le 12 avril 1887.
De cette union naîtra en 1910 un garçon prénommé Alphonse. Une fille, Andrée Alphonsine, voit le jour en 1913. Le couple PAYEN réside en 1911 rue de la Prison Jeanne d’Arc au Crotoy chez les parents de l’épouse, les HERBOMEL.

Alphonse Georges effectue une période d’exercices avec le 128ème Régiment d’Infanterie du 10 mai au 1er juin 1911, puis une seconde période du 13 au 29 mai 1913 toujours avec le 128ème R.I.
Avec la mobilisation générale déclarée le 1er août 1914 Alphonse Georges PAYEN est rappelé à l’activité, il arrive dans ce régiment à Amiens le 4 août 1914. Le lendemain le 128ème quitte la Somme pour rejoindre, par chemin de fer, Dun-sur-Meuse dans l’Est de la France. Les 22, 23, 24 aout le régiment reçoit le baptême du feu dans la région de Meix-devant-Virton en Belgique. Après l’ordre de repli vers la France, il tient tête à l’ennemi et défend avec acharnement le village de Fontenois dans les Ardennes le 31 aout.
Début septembre c’est une nouvelle retraite vers la Marne et du 6 au 11, de furieux combats sont livrés à Pargny-sur-Saulx et Maurupt-le-Montois, près de 500 hommes vont tomber.

Ce sera ensuite l’Argonne, avec les combats du Bois de la Gruerie.
Alphonse est blessé le 23 février 1915 à Fontaine-Madame en Argonne, suite à une chute il a été victime d’une entorse au genou droit.
Après avoir traversé la Champagne où la première Offensive débute en février 1915, le régiment défendra la Woëvre, puis ce sera la Bataille des Eparges dans la Meuse. En juin il attaquera l’ennemi dans la tranchée de Calonne et perdra près de 1600 hommes. Au cours de la deuxième offensive de Champagne, il s’illustrera à Tahure en octobre.
Une période de repos est enfin accordée à tout le régiment.
Mais le 27 avril 1916, le Général commandant le 2ème Corps d’Armée ordonne le passage d’Alphonse dans un régiment de réserve, le 272ème Régiment d’Infanterie qu’il intègre le 1er mai.
Pendant la Bataille de la Somme qui a débuté le 1er juillet, il est tué à l’ennemi le 2 août 1916 à Belloy-en-Santerre qui se situe à 5 km au sud de Péronne. Il y a 110 ans…
Alphonse est inhumé tombe n° 1534 à la Nécropole Nationale de Lihons qui se situe à quelques kilomètres de Chaulnes.

Son décès est transcrit en mairie du Crotoy le 9 janvier 1917.
Le nom d’Alphonse PAYEN figure sur les deux Monuments aux Morts de la commune, l’un se trouvant dans le cimetière communal, l’autre au centre du bourg, ainsi que sur une plaque commémorative dans l’église Saint-Pierre.
Emile, son frère, a connu une tout autre destinée. Voiturier, il se marie aussi en 1909, avec Elise CARON, ils auront deux enfants.
S’il incorpore le 128ème Régiment d’Infanterie le 5 octobre 1910, il est classé pour motif sanitaire dans le service auxiliaire le 10 janvier 1911. Passé dans la réserve de l’armée active le 1er octobre 1912, il décède au Crotoy le 25 août 1913 à l’âge de 25 ans.
La famille PAYEN a perdu ses deux seuls fils, l’un de maladie, l’autre Mort pour la France, Emile et Alphonse laissent deux veuves et quatre enfants en bas âge !


Jean Delhaye – Danièle Remy

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