Nestor DELHOMEL et ses frères de Bussus-Bussuel

C’est  le 16 février 1889 à 10 heures du matin que Ernest BRAILLY, maire du village de Bussus-Bussuel, enregistre la naissance de Nestor Henri Louis DELHOMEL. Son père prénommé Elisée, manouvrier de 27 ans, effectue la déclaration de naissance de l’enfant, né le 15 à six heures du soir, de son épouse Clémence Joanna LEUILLIER, ménagère de 30 ans. Nicolas BELLARD, cultivateur de 60 ans et Stanislas PRUVOT, maçon de 39 ans, en ont été les témoins. Elisée n’ayant pas signé l’acte, ne sachant écrire.

Elisée est originaire de Domqueur, village proche de Bussus-Bussuel, et Joanna de Maizicourt. Ils se sont mariés le 27 février 1886 à Neufmoulin où résidait Elisée et où leur premier enfant, Victoria, a vu le jour.

A Bussus-Bussuel, Nestor sera le second d’une fratrie de sept enfants dont deux décèderont en bas âge.

Elisée décède la veille de Noël 1904. En 1906, Joanna, devenue chef de famille, est manouvrière où le travail se présente, elle habite avec ses quatre fils Rue des Croisettes, Victoria s’étant mariée. Seuls Nestor et sa mère travaillent comme manouvriers, les autres garçons sont encore trop jeunes, Henri n’a que 13 ans, Léopold, 12 et Georges 10. Lucien, frère jumeau de Georges est décédé le 19 décembre 1897, ils étaient nés le 26 mars 1896.

En 1911, au Conseil de Révision d’Ailly-le-Haut-Clocher, Nestor est classé dans le service auxiliaire pour myopie. Cheveux châtains et les yeux bleus, il ne sait ni lire ni écrire et mesure 1,56m. Nestor étant l’aîné obtient l’allocation de soutien de famille, il est quand même incorporé au 128ème Régiment d’Infanterie à Sevran (Seine-Saint-Denis) et mis en disponibilité le 25 septembre 1913 avec un certificat de bonne conduite.

A la déclaration de guerre, Nestor est rappelé le 6 septembre 1914 à Landerneau où le 128ème s’est replié, il n’est pas mobilisé immédiatement, et intégrera le 19 octobre son régiment qui se trouve en Argonne. Puis c’est la Champagne début 1915, suivi de la Woëvre au printemps et les Eparges à partir de début mai. Nestor est blessé par éclat d’obus au genou gauche le 11 juillet 1915 au Bois Haut, un massif forestier situé à l’Ouest du village des Eparges.

Remis de ses blessures il passe au 402ème R.I. le 30 septembre 1915, au 111ème R.I. le 6 avril 1916, mais ce régiment est dissous début juillet, Ernest est muté le 7 juillet  au 298ème R.I. qui vient de se reconstituer dans les Vosges, au sud du col du Bonhomme. Fin août, il prend la direction du sud entre Belfort et Mulhouse pour poursuivre l’entrainement et à la mi-septembre il se dirige vers Epinal pour se rapprocher du front. Le 2 octobre, le régiment débarque à Dugny-sur-Meuse, au sud de Verdun et prend position près de Fort-de-Tavannes au Nord-Est de la ville. La zone est sans cesse sous les bombardements ennemis. Le 24 octobre, le 298ème est désigné pour attaquer le fort de Vaux. Le 2 novembre, alors que se décide l’attaque, une information arrive : l’ennemi a évacué le fort mais continue à pilonner les positions conquises par le 298ème.

Nestor est blessé le 5 novembre 1916 par éclats d’obus, plaies au crâne et aux deux jambes. Il sera évacué sur l’ambulance numéro 4 de la 54éme Division d’Infanterie située à Landrecourt (Meuse) au Sud-Est de Verdun; à l’âge de 27 ans, il y décèdera de ses blessures le 9 novembre.

A titre posthume il sera cité à l’Ordre du Régiment le 20 novembre dans les termes suivants : «soldat plein d’entrain et de courage, grièvement blessé a donné un bel exemple de fermeté et d’endurance ». Il sera décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze.  L’avis de son décès sera transmis le 5 janvier 1917 dans son village natal de Bussus-Bussuel.

Henri, né le 28 août 1893 est décédé à Saint-Riquier le 10/02/1963.

Léopold, né le 8 novembre 1894 est ouvrier agricole à Fortel (Pas-de-Calais) lorsqu’il est convoqué au Conseil de révision d’Ailly-le-Haut-Clocher en 1913, il est alors déclaré exempté définitif pour faiblesse générale. Il mesure 1,57m et porte une plaque sans cheveux depuis sa naissance.

Mais les pertes importantes des premiers mois de guerre modifient la position des recruteurs, il est alors incorporé le 21 décembre 1914  au 84ème Régiment d’Infanterie. puis passe le 23 mars 1915 au  63ème R.I. qui se rend en Lorraine dans le secteur des Eparges. Après six semaines de combat le régiment comptabilise 56 morts et 130 blessés.

Le 24 juin 1916, Léopold est cité à l’ordre de la brigade : « A donné à ses camarades un bel exemple de bravoure et a fait preuve du plus grand mépris en restant à son poste sous les plus violents bombardements. Blessé au cou par éclats d’obus étant en sentinelle, a refusé de se faire évacuer et  n’a quitté son poste qu’à la relève ».

Remis de ses blessures, il est incorporé au 412ème R.I., régiment composé d’anciens blessés désormais guéris, celui-ci est dans la région de Verdun depuis fin novembre 1916.

Le 1er mars 1917, Léopold est blessé par éclats de grenades dans le secteur de Bézonvaux (Meuse) alors qu’il travaillait à l’approfondissement d’une tranchée (les grenades ont explosé sous l’effet des coups de pioche !). Evacué sur le centre hospitalier de Souilly, au sud de Verdun, il décèdera de ses blessures le 12 mars : il n’avait pas 23 ans.

La transcription de son décès parviendra à Bussus-Bussuel le 26 juillet 1917.

Georges, né le 25 mars 1896, est ouvrier agricole au Conseil de Révision qu’il passe en 1915 à Ailly-le-Haut-Clocher. D’abord ajourné pour faiblesse en 1916, il est classé dans le service armé par la Commission d’Abbeville le 22 mai 1917 et incorporé au 42ème Régiment d’Artillerie le 3 septembre 1917. Il poursuivra le conflit dans d’autres régiments d’artillerie jusqu’à sa démobilisation le 21 août 1919. Il rentre dans son village de Bussus-Bussuel où il se marie le 6 octobre 1920 avec Marthe VAAST originaire d’Avion (62). Georges rejoindra ce village proche de Lens où il deviendra mineur et où il décèdera le 14 juillet 1975.

La famille DELHOMEL était composée de  sept enfants, deux décèdent en bas âge et deux sont Morts pour la France au cours de l’année 1917…

Si dans les documents officiels, le nom de DELHOMEL est écrit avec un seul M, il est  inscritavec deux M sur le Monument aux Morts du village de Bussus-Bussuel.

Danièle Rémy – Lionel Joly

Depuis juin 2025 les communes de Bussus-Bussuel et Yaucourt-Bussus ont fusionné pour créer une nouvelle commune « Bussus-les-Yaucourt ».

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