Louis BULOT et la Bataille de la Somme

Bataille de la Somme – 1er juillet-18 novembre 1916

Le 5 juillet 1880 naît à Amiens, Louis Joseph Maurice BULOT. Il est déclaré devant Florimond COZETTE, adjoint au maire, le 6 juillet.

Ses parents habitent au 43 rue Gresset de cette ville. Son père, Alexandre Flavien, s’est marié à l’âge de 26 ans le 29 juillet 1879 avec Clémence Louise DUFERMONT alors que celle-ci a tout juste 18 ans. Le père est professeur de musique et deviendra compositeur, et Clémence  sera modiste.

Un second fils naît de cette union : Robert Félix BULOT voit le jour aussi à Amiens le 24 octobre 1882. Ce sera un professeur de langues. Quant à Louis, ayant fréquenté le Collège de la Providence d’Amiens, il deviendra employé de commerce chez Lucien LEVY, au début de ce XXème siècle.

La rue Gresset à Amiens

Louis séjournait, pour son activité, à Londres en Angleterre lorsqu’il est appelé le 16 septembre 1901 comme soldat de 2ème classe au 120ème Régiment d’Infanterie. En janvier 1903 il est nommé soldat de 1ère classe, caporal le 4 juin 1903 et sergent le 23 juillet 1904. Il revient à la vie civile avec son « certificat de bonne conduite » le 18 septembre 1904.

Louis BULOT se marie avec Clara Albertine ALLIARD le 4 novembre 1905 à Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne, ancien département de la Seine. Son épouse est née en 1879 à Paris, ses parents étaient alors plumassiers. Clara exerce le même métier que Louis, employée de commerce.

Un atelier de plumassier

La profession de Louis BULOT étant liée au commerce, l’amène à séjourner fréquemment à l’étranger de 1906 à 1912 : en Suisse, en Allemagne et en Angleterre. Après un nouveau séjour en Suisse, Mme et M. Louis BULOT résident en 1912 au 8 rue Cronstadt à Courbevoie (Hauts-de-Seine), dans le quartier de Bécon.

Avec la déclaration de la guerre, Louis BULOT est rappelé le 4 août 1914.

Il ne partira au front que le 18 mars 1915 et rejoindra son régiment à Sommedieue dans la Meuse le 4 avril, la Bataille de la Woëvre va commencer.

Le 6 avril 1915, à Maizeray (Meuse), il est blessé au genou par un éclat d’obus et évacué vers un hôpital temporaire de Thierville, à proximité de Verdun.

Le 19 octobre 1915, Louis rentre au dépôt de son Régiment, dépôt qui accueille les soldats guéris de leurs blessures en attente de repartir vers le front.

C’est le 2 février 1916 qu’il part en renfort avec le 272ème Régiment d’Infanterie dans le secteur des Hauts-de-Meuse. En avril, le régiment s’engage dans la défense de Verdun, une période cruelle avec beaucoup de disparus.

Début mai, le 272ème est transporté par chemin de fer dans l’Oise.

Il y a 110 ans, la première offensive franco-britannique marque le début de la Bataille de la Somme, le 1er juillet 1916. Ce sera le jour le plus meurtrier pour les Britanniques, 57400 soldats hors de combat dont 19240 tués.

Le 272ème est positionné au sud de la Somme ; après Hangard, Villers-Bretonneux il arrive sur le plateau du Santerre le 2 aout. Louis et ses camarades de combat vont occuper les tranchées allemandes qui viennent d’être conquises.

Le 11 aout, le régiment est en première ligne dans le secteur de Belloy-en-Santerre.

Après une guerre des tranchées, c’est une guerre d’usure. Le 5 septembre, il s’engage dans le secteur de Berny-en-Santerre.

Louis BULOT tombera face à l’ennemi le 8 septembre 1916 à Belloy-en-Santerre,

Il avait 36 ans ; son acte de décès est transcrit à Courbevoie le 1er mars 1917.

Sa veuve, Clara ALLIARD, employée de banque, décèdera  à Paris le 17 juillet 1937 à l’âge de 58 ans.

Robert BULOT, le frère de Louis, connaitra une meilleure destinée vis-à-vis de la Grande Guerre. Ajourné en 1903 du fait que son frère Louis accomplit son service militaire, Robert incorpore le 14 novembre 1904 le 72ème Régiment d’Infanterie. Passé dans la réserve de l’armée active le 1er octobre 1906, il est rappelé début août 1914 lors de la mobilisation générale. Successivement affecté à la 2ème Section des Secrétaires d’Etat-major, au 2ème Train des Equipages, au 8ème Escadron du Train, il termine la guerre avec le 2ème Groupe d’Aviation. En septembre 1917, il est blessé par éclat d’obus à Julvécourt dans la Meuse.

Alors qu’il est âgé de 37 ans, il est envoyé en congé illimité le 17 février 1919.

Le nom de Louis BULOT est inscrit sur le Monument aux Morts d’Amiens et de Courbevoie, son nom est aussi noté sur le Livre d’or du collège de la Providence d’Amiens.

Croix de guerre et médaille militaire lui ont été décernées.

Jean Delhaye – Danièle Remy

Publié par

Laisser un commentaire