D’Ailly-sur-Somme à Pont-Rémy avec Octave DAMERVAL 

Le 9 mars 1888, à 6 heures du soir, le maire d’Ailly-sur-Somme, Hugues CONSTANT, a enregistré la naissance d’Octave DAMERVAL, né la veille à neuf heures du matin. C’est Léonce DAMERVAL, son père, marchand ambulant de 25 ans, qui effectue la démarche en mairie. L’enfant est né de Félicia CARON, ménagère de 21 ans.

Félicia et Léonce s’étaient mariés le 6 juin 1885 à Ailly-sur-Somme alors qu’ils étaient originaires de Vignacourt pour Léonce et de Saint-Vaast-en-Chaussée pour Félicia.

Octave sera l’aîné d’une fratrie de quatre enfants ; sept ans plus tard, le 12 juillet 1895 naitra Alfred à Ailly-sur-Somme, suivra Napoléon en 1900 à Amiens et Marie Thérèse en 1906 à Vignacourt.

Après un passage à Amiens où Léonce est devenu ouvrier cartonnier, la famille DAMERVAL a déménagé à Vignacourt où en 1906 elle réside rue de Daours. Alfred et son père travaillent à l’usine SAINT.

Lorsqu’il passe le conseil de révision en 1909, Octave est peintre, il a les cheveux châtains et les yeux bleus pour 1,70m et un bon niveau d’instruction.

Le 8 octobre 1909, il est incorporé dans le Régiment des Sapeurs-pompiers de Paris comme soldat de 2ème classe. Son inaptitude physique ne lui permet pas de rester au corps et le 10 novembre, il est muté au 24ème Régiment d’Infanterie, la commission de réforme de Paris en avait décidé ainsi le 23 octobre. Le 24ème R.I. est stationné à Versailles et Octave, soldat de 2ème classe y devient clairon le 26 septembre 1910, il sera mis en disponibilité le 24 septembre 1911.

Octave va s’unir à Marthe Elvire DURIEUX le 27 octobre 1911 à Beauquesne, village dont est originaire son épouse ; ils auront deux filles Joséphine et Giséle.

Octave déménage d’abord à Doullens en février 1912 avant de rejoindre la rue Basse à Pont-Rémy en août de la même année.

Au 1er avril 1914, il est rattaché au 18ème Bataillon de Chasseurs à Pied (B.C.P.) en garnison à Longuyon en Meurthe-et-Moselle. Il est rappelé à l’activité par décret de mobilisation générale le 1er août 1914 et passe dès le 29 août au 9ème B.C.P., après avoir combattu victorieusement le 22 août à Bellefontaine (Belgique). Le 9ème B.C.P. s’est replié sur la Marne et combat à Maurupt-le-Montoy et Pargny-sur-Saulx. A partir du 11 septembre l’ennemi recule, poursuivi  par le 9ème B.C.P., jusqu’à Sainte-Menehould. Les positions se durcissent, les armées s’enterrent dans les forêts d’Argonne. Les combats sont violents avec des attaques de part et d’autre tout au long de l’automne au Four de Paris, La Chalade, Saint-Hubert…

Octave, passé caporal-claironle 13 octobre, sera blessé et considéré disparu le 31 octobre 1914, à La Harazée, secteur de Saint-Hubert (Marne).

La transcription de son décès est faite le 3 avril 1920 à Vignacourt mais son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Pont-Rémy et sur une plaque commémorative de l’église Saint-Pierre dans cette même commune, sa dernière résidence. Il est aussi noté dans le Livre d’Or du Ministère des pensions de Vignacourt ainsi que sur une plaque commémorative de l’église Saint-Firmin de cette commune.

Alfred, son frère cadet est briquetier et habite Saint-Ouen (Somme). Classe 1915, il est mobilisé le 16 décembre 1914 au 51ème Régiment d’Infanterie.

Octave, son frère aîné est déjà déclaré disparu depuis plus d’un mois !

D’abord au 51ème, Alfred passe au 128ème en avril 1915 puis au 72ème en mai. Réformé temporaire en novembre 1917 pour déformation de la main gauche non imputable au service, il est dans la réserve le 15 décembre 1917 et passe au 2ème groupe d’Aviation au Bourget  en juillet 1918. Il est démobilisé le 31 mars 1919 et se retire à Pont-Rémy.  

Alfred se mariera à Domqueur en 1924 avec Théodeleine BOURNONVILLE, ils auront cinq enfants dont un portera le prénom d’Octave.

Réformé définitivement et domicilié à Vauchelles-lès-Domart, atteint de bacillose, il décèdera à Amiens en 1929 à l’âge de 33 ans.

Napoléon, né à Amiens en 1900, sera mobilisé en 1920. Il habite en Ille-et-Vilaine où il est contremaître de filature et se marie à Puteaux en 1921 avec Reine-Marie MORGAND, quatre enfants naitront de cette union. Revenu à Abbeville, puis à Saint-Ouen (Somme) en 1923, il sera employé comme comptable chez Saint Frères. En 1935 il demeure à Flixecourt.

Napoléon décèdera en 1961 à Crouy-Saint-Pierre dans la Somme.

Jean Delhaye – Danièle Remy – Lionel Joly

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