René Florentin BONDOIS de Belloy-sur-Somme

Il y a 130 ans à la mairie de Belloy-sur-Somme, le 11 janvier 1896, Florentin BONDOIS déclare la naissance de son deuxième fils René. Florentin a 32 ans et la mère, Arthurine Zoé POILLY, a 25 ans. Aristide Constant BONDOIS, âgé de 28 ans, jeune frère de Florentin, est présent à la déclaration de cette naissance.

Florentin, briquetier, est né aussi à Belloy-sur-Somme, il fréquente Arthurine, originaire d’Aumâtre, qui est giletière. Les deux jeunes gens partent travailler à Amiens où ils logent Grande Rue du Petit Saint Jean. Un enfant nommé Prudent Louis nait en mai 1893 dans cette ville, reconnu uniquement par sa mère.

Peu de temps après, ils reviennent habiter à Belloy-sur-Somme, rue d’en Haut, où le couple légitimera ce garçon en se mariant le 31 mars 1894.

Par la suite, la famille s’agrandira de six garçons, et deux filles. René sera le second de la fratrie en 1896, André en 1897, Marceau en 1900, Kléber en 1903, Léonidas en 1904, Simone en 1906, Maurice en 1907 et le dernier enfant, Madeleine, verra le jour en 1910.

En 1906, Florentin, le père est journalier agricole avec  son frère Aristide Constant de quatre ans son cadet, chez la Comtesse de la Rochefoucauld, qui emploie plus d’une vingtaine de personnes du village.

En 1911, Florentin est devenu ouvrier jardinier, comme son fils René. Toute cette grande famille habite rue d’En Haut.

Un troisième fils, André, est valet de chambre chez la Comtesse et réside dans la demeure de celle-ci, route d’Amiens à Abbeville.

Belloy-sur-Somme est une commune située à une dizaine de kilomètres à l’ouest d’Amiens et se trouve au bord des méandres de la Somme. Une partie du marais sert à l’extraction de la tourbe pour le chauffage des habitants. La majeure partie de la population est centrée sur l’agriculture. Il y a aussi des activités de tissage pour l’industrie textile de la vallée de la Nièvre. Ce village a une particularité, celle de posséder deux châteaux, celui d’En bas et celui d’En haut, construits au cours du 18ème siècle. La population qui était de plus de 1000 habitants vers 1870 a diminué jusqu’à la Première Guerre pour se stabiliser à environ 550.

Juste avant 1912, Florentin le père décède en laissant une veuve et neuf enfants pour la plupart très jeunes. Arthurine a 42 ans et pour subvenir aux besoins de ses enfants, elle se rapproche de Constant, le frère de Florentin. Ils se marient le 5 juillet 1913 à Belloy-sur-Somme. Constant est exempté dès la conscription et ne partira pas à la guerre.

Prudent, le premier garçon, s’engage pour trois ans en mars 1912 à Abbeville et rejoint le 19ème Régiment de Chasseurs à cheval. Il passe toute la guerre dans ce régiment, il est cité à l’ordre du régiment en septembre 1914, et la croix de guerre lui est décernée. En juillet 1919 il retourne habiter à Aumâtre, puis Longueau en 1938. Après la guerre, il sera affecté à la Compagnie des chemins de fer du Nord et deviendra conducteur à Longueau.

René, de la  classe 1916, est classé dans la première partie de la liste de 1915, il est jardinier à cette époque. Cheveux châtain clair, les yeux bleu gris, il mesure 1m64 et il a un bon niveau d’instruction.

Incorporé le 9 avril 1915 au  45ème Régiment d’Infanterie, pour faire ses classes, il arrive au 62ème en décembre 1915 pour partir combattre aux armées, puis il passe au 65ème R.I. caserné à Nantes en août 1914. En mars 1916, René intègre ce régiment et participe à la Bataille de Champagne, du côté de Tahure et du Mont-sans-Nom. En juillet et août, c’est la Bataille de Verdun à Fleury et au fort de Souville. Il est cité à l’ordre du régiment le 25 aout 1916, « Soldat énergique et plein d’entrain, toujours volontaire dans des circonstances périlleuses. A ravitaillé ses camarades sous un bombardement violent et prolongé. A donné l’exemple du calme et du mépris de la mort ». En novembre, René combat dans la région de la Woëvre, bataille de Saint-Mihiel et des Eparges (Meuse). Il reçoit la croix de guerre avec deux étoiles de bronze.

René meurt au combat le 24 novembre 1916 dans le secteur de Douaumont. Il avait vingt ans !

Le 17 décembre, il recevra à titre posthume, une nouvelle citation, « Très bon soldat, toujours prêt pour les missions les plus dangereuses ».

La transcription de son décès sera faite à Belloy-sur-Somme le 3 février 1917.

André, le troisième garçon, né en 1897, est télégraphiste  il reste à la disposition des services sous les ordres du général commandant la région, du 10 aout 1916 jusqu’au 11 janvier 1918, où il se rapproche du front et combat dans un char jusqu’au 11 novembre 1918. Il ne rejoindra son village qu’à partir du 2 septembre 1919. Il obtient la croix de guerre avec palme et sera cité le 3 février 1918 à l’ordre de l’armée. Il est affecté ensuite au service télégraphique de la 2ème région à Amiens. En septembre 1939, il sera rappelé mais libéré en juin 1940, et décèdera à Amiens en 1966.

Après la guerre, en 1921 la famille habite toujours à Belloy, Rue aux Vaches, Arthurine est veuve, sans emploi, avec encore six enfants dont André, télégraphiste aux Postes et Télégraphes, Marceau, Kléber et Léonidas sont journaliers chez Hacsaert, un agriculteur de la Route Nationale.

Belloy-sur-Somme – Rue aux vaches

En 1931 elle réside encore à Belloy avec les quatre plus jeunes garçons, Simone a épousé Ali DOUAY, tisseur chez Saint-Frères. 

Deux camarades de la classe militaire de 1916 ne sont pas revenus : Alexandre GOSSELIN  du 116ème R.I. est tué deux jours après René BONDOIS, le 26 novembre 1916 à Vaux-devant-Damloup dans la Meuse, et Omer LAURENT du 131ème R.I. est décédé en février 1916 à l’hôpital d’Orléans des suites de maladie à l’âge de 19 ans.

Tous les trois nés en 1896 et morts en 1916, il y a 110 ans.

 Leurs noms sont inscrits sur le Monument aux Morts et sur une plaque commémorative de l’église de Belloy-sur-Somme.

Didier Bourry – Danièle Remy – Lionel Joly

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