Gaston RENARD de Franvillers

Le 22 mars 1991, devant Léon GUYON, maire de Franvillers, est déclarée la naissance de Gaston Léon RENARD.

Ses parents, Camille, ménager âgé de 32 ans et Marie née DELAMBRE, ménagère, s’étaient mariés le 19 avril 1884 à Bresle, une petite localité à l’est de Franvillers, dont était originaire Marie et où elle résidait avec sa famille. Ils étaient alors tous deux âgés de 25 ans.

C’est à Franvillers qu’ils s’installeront.

Lors de la naissance de Gaston, Franvillers compte 747 habitants. Cette commune est située sur le plateau picard entre Albert et Corbie. A la fin de ce XIXème siècle, l’instituteur, Emile BOULAN, décrit Franvillers comme étant « un village gai dont les habitations sont généralement propres et bien entretenues ».

Une carrière de silex y occupe en hiver une trentaine d’ouvriers. Une vingtaine de métiers à tisser subsiste encore à Franvillers, où sont produits des gilets de laine et des bas. En plus de l’agriculture, une cinquantaine d’habitants confectionnent des chaussures en cuir, ce sont les cordonniers et les cordonnières du village.

En 1906, la famille RENARD habite rue d’Heilly. Gaston a eu un frère, Alcide né en 1887 et quatre sœurs. Ophélie et Claire sont décédées en bas-âge, l’une en 1885 et l’autre en 1895. Bernadette voit le jour en 1894, elle décédera à Dury en 1957. Enfin Yvonne naît en 1900 et décédera à Amiens en 1975. Gaston était le troisième enfant de cette fratrie de six.

En 1911, Alcide et Gaston, les deux frères, sont domestiques chez le cultivateur Marcille, installé rue de Bourgville à Franvillers, les parents sont toujours ménagers et Bernadette a un emploi de boutonnière dans les métiers du textile, chez DUBOILLE.

Au conseil de révision qui se tient à Corbie, Gaston est reconnu apte pour le service militaire. Il incorpore le 128ème Régiment d’Infanterie le 9 octobre 1912 et fait partie de la 5ème compagnie du 2ème bataillon, caserné à la Citadelle d’Amiens.

Avec la déclaration de la guerre qui se dessine, le 128ème R.I. quitte la Somme pour rejoindre Dun-sur-Meuse. Puis la Bataille des frontières entraîne Gaston et son régiment en Belgique près de Virton fin août 1914. De nombreux camarades y perdent la vie  face à l’ennemi. L’ordre de repli ordonné, deux bataillons du 128ème tenteront en vain de contenir l’assaillant à Fontenois le 31 août 1914. Ce hameau de Saint-Pierremont dans les Ardennes voit tomber 132 « copains » de Gaston. Plus de 300 blessés y sont dénombrés.

Le repli entraîne maintenant Gaston vers la première bataille de la Marne. Du 6 au 10 septembre 1914, la guerre fait rage notamment à Maurupt-le-Montois et Pargny-sur-Saulx. Puis c’est à Servon-Melzicourt, situé plus au nord, que le 128ème R.I. engage un nouvel affrontement à l’ouest du bois de la Gruerie.

Le 15 septembre 1914, Gaston RENARD y est porté disparu au combat. Ce 15 septembre 1914, près de quarante Samariens du 128ème R.I. sont tombés comme lui à Servon.

L’avis de décès du 19 juin 1920 officialise la mort de Gaston RENARD. La médaille militaire et la croix de guerre lui sont décernées à titre posthume.

Son nom figure sur le Monument aux Morts de Franvillers comme sur la plaque commémorative de l’Eglise Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte. Une plaque à sa mémoire se trouve sur la tombe familiale dans le cimetière communal.

Gaston RENARD avait un peu plus de 23 ans quand il est « MORT POUR LA FRANCE ».   

Son frère Alcide, après avoir été exempté en 1908,  a été réformé par l’armée le 20 avril 1915 pour une « consolidation vicieuse » d’une ancienne fracture du fémur gauche. Il décède à Albert en 1972 à l’âge de 85 ans.

Jean Delhaye – Danièle Remy

Publié par

Laisser un commentaire