Louis DUBUISSON de Woirel

Louis Jean DUBUISSON voit le jour le 8 février 1895 à Woirel, un petit village de 80 habitants près d’Oisemont.

Son père Hilaire a alors 28 ans il est tisserand. Sa mère Maria SUEUR, âgée de 26 ans, est native de Woirel, quant à son père, il est né à Bellifontaine, un hameau de Bailleul, une commune située à quelques kilomètres au Nord de Woirel.

Avant de fréquenter Maria SUEUR, Hilaire habitait avec sa famille à Wiry-au-Mont, dont dépendait le hameau de Woirel jusqu’à la Révolution avant de devenir une commune.

Les parents de Louis DUBUISSON se sont mariés à Woirel le 13 septembre 1890. Ils auront quatre enfants tous nés à Woirel : Laurent en 1891, Louis en 1895, Louise en 1897 et Armand en 1899.

En 1906, toute la famille est installée au milieu des cités ouvrières de Pont-Rémy. C’est la création d’une usine Saint-Frères qui fait venir dans cette localité les Dubuisson. Avec la création d’une nouvelle cité, Louis y est briquetier. Pont-Rémy compte alors presque 2200 habitants.

Le développement du tissage avait commencé dans les années 1835 mais c’est surtout à la fin du XIXème siècle avec l’arrivée des Frères SAINT qui installèrent de nouveaux ateliers, que la population est multipliée par 2,5.

En 1911, la famille Dubuisson a quitté les cités de Pont-Rémy ; son adresse est alors Route Nationale à Liercourt, à quelques kilomètres des usines Saint-Frères où travaillent Hilaire, Laurent, Louis et Louise.

Lorsqu’il se présente au conseil de révision à Ailly-le-Haut-Clocher, Louis DUBUISSON est un jeune homme d’un 1 mètre 68 aux yeux bleus et les cheveux châtains. Reconnu apte, il est incorporé le 18 décembre 1914 dans la 7ème compagnie du 8ème Régiment d’Infanterie qui était en garnison à Saint-Omer, Calais et Boulogne-sur-Mer avant la déclaration de la guerre. En janvier 1915, le 8ème R.I. est en Champagne, le jeune Louis fait son apprentissage au contact de l’ennemi, il combat aux Eparges et la Tranchée de Calonne avant d’être transporté au Sud de Saint Mihiel (Meuse) à partir de mi-avril.

Louis DUBUISSON est porté disparu au combat, le 5 mai 1915 au bois d’Ailly (Meuse), présumé prisonnier par avis ministériel du 9 juin 1915.

Prisonniers (français) venant du bois d’Ailly campés dans un cimetière

Le jugement déclaratif du 1er février 1921 officialise son décès à cette même date.

Louis venait d’avoir 20 ans, incorporé en décembre 1914 il décède en mai 1915 !

Son nom figure sur le Monument aux Morts de Pont-Rémy ainsi que sur la plaque commémorative de l’église Saint-Pierre de la localité.

Tout comme Louis DUBUISSON, ce sont onze Samariens de 20 ans appartenant au 8ème R.I. qui sont portés disparus au combat le 5 mai 1915 au Bois d’Ailly : René Boutvillain, Georges Claveau, Henri Dargaisse, Joseph Dhérissart et Gaston Rohaut d’Amiens, Charles Asselin du Crotoy, Gaston Dupays de Cayeux-sur-Mer, Joseph Ducrocq de Gamaches, Raoul Clabaut de Beaucamp-le-Vieux, Charles Dufour de Raincheval et Marcel Dieu de Villers-Bretonneux.

La maman de Louis DUBUISSON était décédée avant 1915 ; son père Théophile Hilaire meurt en 1933 à l’âge de 66 ans.

Laurent, l’aîné de la fratrie, d’abord exempté en 1912 pour musculature insuffisante sera classé service auxiliaire en mars 1917 puis apte au service armé en décembre 1917. Démobilisé le 5 août 1919,- il se retire à Pont-Rémy où il décède le 8 septembre 1935 à l’âge de 44 ans.

Le « petit frère » Armand, dont le fils aura comme prénom Louis, meurt à Abbeville à 82 ans le 3 juillet 1981.

Leur sœur Louise décède à Pont-Rémy en 1969 à l’âge de 71 ans.

Jean DELHAYE – Danièle REMY – Lionel JOLY

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