Paul DAUSSY d’Auxi-le-Château à Berteaucourt-les-Dames

Auguste DAUSSY et Joséphine DELPORTE, nés à Auxi-le-Chateau (Pas-de-Calais) respectivement en 1851 et 1854, et mariés le 20 janvier 1873 dans le même bourg, sont les parents de Paul Joseph DAUSSY, né le 15 mars 1889 toujours à Auxi-le-Château. Précédemment, le 20 octobre 1873, est née Alma Alphonsine Aurélie, fille ainée du couple. Alma décèdera le 27 octobre 1945 à Argenteuil (Seine-et-Oise).

Le 21 mars 1876, naît le fils ainé, Louis Benoît Joseph, la famille réside rue d’Amiens à Auxi-le-Chateau, où les parents sont tous deux ménagers.

Quelques années plus tard, le 1er mars 1880, Alfred Joseph Aubin vient agrandir la fratrie. Il se marie le 4 février 1905 à Berteaucourt-les-Dames (Somme) avec Angèle Eugénie Mélanie MAILLARD, née à Contes (62) le 21 mars 1878. Alfred décèdera le 20 avril 1959 à Ailly-sur-Noye (80).

Le 4 juillet 1885, apparaît le 4ème enfant, Julien Charles Auguste, qui se marie le 19 août 1905 à Berteaucourt-les-Dames avec Isabelle Marie Julienne DÉTRÉ, née le 28 juin 1885 à Ailly-sur-Somme. Julien décèdera le 20 décembre 1948 à Amiens, où il exerçait la profession de distillateur cabaretier (ce qui lui valut, le 4 juillet 1917, une condamnation à 50 frs d’amende pour introduction frauduleuse de spiritueux !!!).

En 1886, la famille est toujours à la même adresse : rue d’Amiens à Auxi-le-Chateau, où le père Auguste est manouvrier.

Ayant passé une partie de son enfance à Auxi-le-Chateau, Paul se retrouve avec sa famille à Berteaucourt-les-Dames à partir de 1896.

En date du 10 avril 1909, à l’âge de 20 ans, il se marie à la mairie de Saint-Léger-lès-Domart (Somme) avec Yvonne Flora Léonie BOURNOUVILLE, née à Brucamps (80) le 20 septembre 1890. Trois enfants sont issus de cette union. Yvonne décèdera le 17 mai 1945 à Saint-Léger.

Le 5 octobre 1910, Paul, ouvrier d’usine et résidant à Saint-Léger-les Domart, part effectuer son service militaire, il est incorporé au 155ème Régiment d’Infanterie de Commercy dans la Meuse.

Deux années s’écoulent et il est envoyé dans la disponibilité, le certificat de bonne conduite lui est accordé. Le 1er octobre 1912 il passe dans la réserve de l’armée active.

Par décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il est rappelé à l’activité et arrive au corps du 51ème Régiment d’Infanterie stationné à Beauvais le 3 août 1914. 

Le 51ème quitte Beauvais le 5 août en direction de Stenay (Meuse) et traverse la frontière dès le lendemain pour Tintigny dans le Luxembourg belge. Après deux semaines de marche, il vient au repos près de Montmédy (Meuse). Le baptême du feu a lieu le 22 août lors de la bataille de Virton (Belgique). Le 24, c’est la retraite jusqu’à la Marne où commence la Première bataille de la Marne à partir du 6 septembre. Dès le 12, les troupes s’enterrent dans les tranchées des forêts d’Argonne. Les pertes sont importantes, depuis le début du conflit le régiment a perdu plus de 3000 hommes : morts, blessés et disparus, soit l’effectif d’un régiment. Le régiment est relevé le 12 janvier avant de reprendre part aux combats le 20 février en Champagne cette fois dans le but de percer le front, l’objectif sera atteint.

Début avril le 51éme se dirige vers la Woëvre dont la fameuse Tranchée de Calonne pour trois jours de bataille intense : 166 tués, 561 blessés et 103 disparus entre le 12 et le 14 avril.

Le 31 mai il vient relever le 128ème R.I. sur la crête des Eparges et restera dans le secteur jusque fin septembre où il retourne en Champagne. Début décembre c’est de nouveau la Tranchée de Calonne. C’en est trop pour Paul…

Le 10 décembre 1915, Paul est condamné par le Conseil de Guerre de la 11ème Région à deux ans de travaux publics « pour désertion à l’intérieur sur un territoire en état de guerre ». Le 14 décembre 1915, la peine est suspendue par le général commandant la 11ème Région, qui décide alors, par mesure disciplinaire de le transférer au 72ème R.I. (la peine n’était sans doute pas justifiée).

Le 72ème R.I. en Argonne depuis le mois de juin 1915 y restera jusqu’en juillet 1916.  Dès le 1er mai 1916, Paul passe au 128ème R.I. alors que se prépare la Bataille de la Somme. Le 128ème est transporté par chemin de fer dans la région d’Amiens et engagé le 22 juillet près de Belloy-en-Santerre. Il participera à plusieurs attaques dans le Santerre dont la tranchée de Souville, proche de Belloy le 16 août, puis début septembre au Hameau d’Horgny, près de Villers-Carbonnel, résistant aux contre-attaques ennemies. Après la bataille de la Somme, le 128ème passe au repos dans la région de Toul.

Le 28 mars 1917, le régiment arrive dans la Marne, il est d’abord engagé à Loivre au Nord de Reims, puis dans la région du Pont du Godat, pont qui enjambe  le canal de l’Aisne à la Marne .

A partir du 16 avril, c’est l’offensive du Général Nivelle au Chemin des Dames. Le 4 mai 1917, le 128ème participe à une nouvelle attaque près de Cauroy-les-Hermonville au Mont Spin (hameau Le Godat), Paul y est déclaré Mort Pour la France. Il fait partie des 217 hommes victimes de ces combats.  

Paul est inhumé dans la Nécropole nationale « La Maison Bleue » de Cormicy (Marne).

Son nom est gravé sur le Monument aux Morts d’Amiens, son dernier lieu de résidence.

Yvonne, sa mère, résidant à Saint-Sauveur (Somme) avec ses enfants, le nom de Paul est aussi inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Sauveur ainsi que sur une plaque commémorative dans l’église de ce village.

Philippe Degroote – Danièle Remy – Lionel Joly

Publié par

Laisser un commentaire