
Fleury Médard Alphonse BROCQUE nait le 8 juin 1886 à Dargnies, commune située à 8 km au nord de Gamaches. C’est sous le prénom d’Alphonse qu’il est connu. Il est le fils de Marie Alphonse Ernest BROCQUE, qui se fait également appeler Alphonse et de Marie Florine Marcelline PARMENTIER, dite Marcelline.
Alphonse BROCQUE père, était né le 28 février 1857 à Yzengremer, village voisin situé au nord de Dargnies, et Marcelline, née le 11 février 1861, est originaire de Dargnies. Alphonse et Marcelline sont issus de familles de serruriers.

En 1880, alors qu’ils ne sont pas encore un couple officiel et qu’ils ne vivent pas sous le même toit, le 15 août, Alphonse et Marcelline deviennent parents. Un premier garçon, Laurent Alphonse Aristide nait à Dargnies mais il ne vivra qu’une quinzaine de jours.
En 1881, Alphonse père, qui a perdu son propre père alors qu’il n’avait que deux ans et sa mère dans sa vingtième année, réside chez son oncle, serrurier de profession, rue du Moulin à Dargnies. Quant à Marcelline, désormais serrurière, est hébergée chez une amie, Mélanie Saint-Germain, rue d’Embreville à Dargnies.
Le 7 septembre 1882, Alphonse et Marcelline se marient à Dargnies. Lui est employé de commerce et elle, toujours serrurière.
A la naissance de leur second fils, en 1886, Alphonse exerce maintenant, la profession de serrurier et Marcelline est ménagère. Aucun autre enfant ne naitra de leur union.
Vingt ans plus tard, en 1906, la famille habite rue du Moulin à Dargnies. Alphonse, père, et Alphonse, fils, sont tous les deux serruriers dans l’entreprise FOURNIER et fils. Quant à Marcelline, elle est patronne serrurière.

Au début du XXème siècle, la commune de Dargnies compte un peu plus de 1300 habitants et abrite beaucoup d’ateliers de serrurerie. Il y a également des fabricants de clefs comme la famille SUEUR, la fonderie de fonte malléable MILBLED et celle de PARMENTIER-FRENKL. Toutes ces usines ont été fondées dans la deuxième moitié du siècle précédent.
La commune voit naitre en 1901 Armel DEPOILLY, conteur et poète picardisant, décoré des Palmes Académiques. Une rue du village porte désormais son nom.
A vingt ans, en 1906, lors de son conseil de révision, Alphonse BROCQUE, est un jeune homme de 1m63, aux cheveux noirs et aux yeux gris qui souffre d’orteils en marteau. Il a un bon niveau d’instruction à la fin de l’école primaire.
Le 8 octobre 1908, il est incorporé au 3ème Régiment du Génie à Arras, en service auxiliaire à cause de la déformation de ses orteils. Il est libéré de ses obligations militaires le 24 septembre 1910.

Alphonse se marie à Dargnies le 18 février 1911 avec Joséphine PELVILAIN née en 1890, à Incheville en Seine-Inférieure. Le couple s’installe à Friville-Escarbotin, rue du Commerce dans la section d’Escarbotin.
Alphonse exerce alors le métier de tourneur en cuivre à la fonderie Niebling.

De leur union, le 08 juillet 1911, nait, à Friville-Escarbotin, Jane Marcelline Appolonie Victoria.

Alphonse est mobilisé à partir du 6 septembre 1914 et affecté au 128ème Régiment d’Infanterie d’Abbeville. Il va participer à la bataille de la Marne, puis aux combats en Argonne et c’est en Champagne, à Mesnil-lès-Hurlus, département de la Marne, qu’il est tué à l’ennemi, le 22 février 1915. Il y a exactement 110 ans.
Alphonse avait 29 ans, il laisse une veuve de 24 ans et une fillette de 4 ans.
Son nom figure sur le Monument aux morts de Dargnies et sur la plaque commémorative de la mairie.
Ses parents, Alphonse et Marcelline, ont continué leur vie à deux, rue du Moulin, à Dargnies.
En 1921, sa veuve Joséphine étant de retour à Dargnies, vit avec sa fille Jane et son fils Lucien, né dans ce village en 1919. Ce dernier porte le nom de PELVILAIN. Elle habite rue de Beauchamps et est serrurière en clefs chez Léon CALIPPE domicilié dans la même rue.
Elle se remarie en 1925 avec Joseph Aristide GROGNET, né en 1884, originaire de Dargnies et qui, de son côté, a trois enfants, Ernestine née en 1910, Juliette en 1914 et Aristide en 1917. La famille recomposée vit rue de Woincourt à Dargnies.

Parmi les nombreux soldats Morts pour la France inscrits sur le Monument de Dargnies, quinze d’entre eux étaient affectés au 128ème Régiment d’Infanterie.
Et parmi eux, Louis BOILEAU qui nait à Dargnies deux ans après Alphonse BROCQUE. Louis est le fils de Marie TESTU, âgée de 17 ans à sa naissance. Il prend le nom de BOILEAU à l’occasion du mariage de Marie avec Zéphyr BOILEAU le 27 novembre 1889. Louis n’aura qu’un jeune frère, Roger, qui nait quatorze ans après lui, en 1902…
Alphonse BROCQUE et Louis BOILEAU passent leur enfance ensemble, travaillent ensemble chez FOURNIER et fils et vont vivre le même début de guerre.
Louis, jeune homme de 1m60, cheveux et yeux noirs, ayant deux cicatrices au visage et une au genou, est parti aux armées le 3 aout 1914, soit un mois avant Alphonse. Il s’était marié le 24 février 1913 avec Raymonde DELAHAYE à Bouvaincourt-sur-Bresle. Et c’est de là qu’il est parti rejoindre son régiment, abandonnant son métier de tourneur, suite à l’ordre de mobilisation générale.

Pour Louis la guerre sera de courte durée.
Il sera tué à l’ennemi le 5 octobre 1914 au Bois de la Gruerie, commune de Vienne-le-Château dans la Marne. Son nom figure également sur le Monument aux morts de Bouvaincourt-sur-Bresle.
Louis avait 26 ans et lui aussi, il laisse une jeune veuve…


Anick Bardet – Danièle Remy – Lionel Joly

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