UN JOUR, UN PARCOURS – Eloi LEGENDRE de Sourdon

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 4 septembre 1891, Eloi LEGENDRE est le fils d’Henri et d’Héloïse.

Le père d’Henri était charretier, et celui d’Héloïse, cultivateur. Henri et Héloïse se sont mariés en 1885 à Sourdon et s’y sont installés, Rue des Vignes.

Sourdon est un village du canton d’Ailly-sur-Noye, au Sud-Est d’Amiens. A la fin du XIXe siècle, le village est essentiellement agricole puisqu’on y compte 55 exploitations, pour une population de 260 habitants. Pour beaucoup de familles, l’exploitation se résume à quelques parcelles d’une dizaine d’ares cultivables, une vache, quelques moutons, et, souvent, un cheval. La moitié des terres est utilisée pour la culture des céréales et une part importante du reste pour nourrir les animaux (luzerne, trèfles, betteraves fourragères).

Dans la commune, on trouve deux briqueteries, un pressoir à cidre, un charron, deux menuisiers, un tonnelier, un bourrelier, deux cordonniers.  Henri LEGENDRE, le père d’Eloi, est bûcheron.

Après la naissance d’Eugène, l’aîné, en 1886, la fratrie s’agrandit jusqu’à atteindre le nombre de 9 enfants. Pour les prénoms, on trouve Eugène et Eugénie, Fernand et Fernande, Stéphane et Stéphanie. Eloi, Henriette et Clotaire.

La maison de la Rue des Vignes est un peu étroite pour héberger toute la famille, mais, on s’adapte. Pouvoir être à l’abri du froid et de la pluie, c’est surtout ce qu’on demande à une maison. Dès qu’ils peuvent marcher, l’univers des enfants devient celui de la rue, des chemins, des champs, des pâtures. Et aussi de l’école. Eloi est bon élève, et quand il quitte les bancs de l’école, il sait lire, écrire et compter. Tout ce qu’il faut pour pouvoir envisager l’avenir sereinement.

Les enfants LEGENDRE travaillent dans les fermes de Sourdon, souvent comme journaliers. Eugène, l’aîné, est le premier à trouver un emploi pérenne. Il est cantonnier au service départemental, participant à l’entretien des chemins et des routes. Comme dans beaucoup de villages de la Somme, une carrière de craie, à Sourdon, est utilisée à cet effet. Eloi travaille comme journalier dans la ferme des Lefebvre.

Eloi LEGENDRE est incorporé au 120e Régiment d’Infanterie. Il rejoint la ville de Péronne, où est installé le 120e RI, le 8 octobre 1913, pour repartir aussitôt vers Stenay, dans la Meuse, prochaine ville de casernement pour le régiment.  C’est dans cette ville de l’Est de la France, qu’Eloi apprend la nouvelle de la déclaration de guerre, le 3 août 1914.

La plupart des hommes du 120e RI connaissent l’épreuve du feu le 22 août, sur le territoire du petit village belge de Bellefontaine. Sur les 3 000 combattants du 120e, au moins 1 000 sont mis hors de combat en quelques heures. Tués, blessés, disparus, prisonniers, les pertes sont fortement traumatisantes pour les rescapés. Ceux qui sont tombés à leurs côtés étaient des copains du régiment. Beaucoup étaient des gars de la Somme.

Pour les rescapés, la guerre est loin d’être finie. Après la retraite de fin août, le 120e se retrouve dans le secteur de Sermaize-les-Bains pour participer à la Bataille de la Marne, du 6 au 10 septembre. Eloi LEGENDRE y est blessé par balle, au bras droit. Evacué et hospitalisé à Biarritz, il revient au front le 11 octobre. Il doit, de nouveau, être évacué le 2 novembre, suite à une blessure, par éclat d’obus, à la région temporale. C’est à Vierzon, dans le Cher, qu’il est alors soigné. Après une période de convalescence, puis d’affectation au dépôt du régiment, il revient au combat le 21 avril 1915. Le 120e combat dans les Hauts-de-Meuse, en Argonne, dans la Somme, l’Oise, puis le Sud de l’Aisne.  Début mai 1917, Eloi est évacué vers l’arrière pour abcès. Il est envoyé au dépôt des éclopés d’Aubervilliers.  Il revient, toutefois, quelques jours plus tard, pour poursuivre les combats. Avant d’être démobilisé, alors que l’Armistice a déjà été signé, Eloi est affecté comme employé à la gare de Paris La Chapelle. Ce n’est qu’en juin 1919 qu’il peut enfin rentrer chez lui.

La guerre a durement frappé la fratrie. Des quatre fils LEGENDRE, deux ne reviennent pas.

Eugène, le frère aîné, est tué, à Sailly-Saillisel, en octobre 1916 pendant la Bataille de la Somme.

Stéphane, le cadet d’Eloi, a 20 ans quand la guerre est déclarée. Mobilisé en décembre 1914, il est envoyé au front dès avril 1915. Blessé en mars 1917 dans la Marne, c’est dans l’Aisne, au combat de Ville-au-Bois, une année plus tard, qu’il perd la vie.

Fernand est revenu vivant. De santé fragile, il avait été exempté de service militaire. C’est en décembre 1914, comme son jeune frère Stéphane, qu’il est rappelé. Il rejoint le 120e RI de son frère Eloi. En avril 1918, Fernand est porté disparu. En réalité, il a été capturé par l’ennemi et est emmené en captivité en Allemagne. Fernand est rapatrié le 16 décembre 1918. Affaibli mais vivant.

Eloi LEGENDRE a perdu deux de ses trois frères.  Comme Fernand, il va tenter d’avoir ensuite une vie « normale ». En 1922, à Paris, Eloi épouse Uranie. Une nouvelle famille va pouvoir être construite…

Eloi LEGENDRE est mort le 23 mars 1926, à l’âge de 34 ans.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Jean DELHAYE a réalisé la collecte de données pour la commune de Sourdon.

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