UN JOUR, UN PARCOURS – Joseph MENIVAL de Gamaches

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 20 août 1891, Joseph MENIVAL a été longtemps oublié.

Joseph est le fils de François MENIVAL, originaire de Gamaches, et de Marcelline Delenclos, de Fressenneville, commune du Vimeu. Joseph et Marcelline ont fait le choix, comme beaucoup de jeunes de la Somme, à la fin du XIXe siècle, de tenter l’aventure du textile.

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Leur histoire commence à Gamaches. François a 23 ans et Marcelline, 19, quand naît leur premier enfant prénommé Napoléon. François travaille à la filature Saint de Gamaches et Marcelline est ménagère. Ils restent quatre ans à Gamaches, pendant lesquels naît Albert, puis ils décident de quitter la région pour partir travailler à la filature de Saint-Rémy-sur-Orne. Il ne s’agit pas de la Ruée vers l’or, mais on dit que les salaires y sont beaucoup plus élevés.

La famille s’installe alors dans une petite maison à Clécy , dans le Calvados, où trois enfants supplémentaires naissent : Edouard, Marie et Berthe. Mais finalement, le Calvados n’était qu’une étape. La famille MENIVAL, les deux parents et leurs cinq enfants, reviennent s’installer dans la Vallée de la Bresle, à Gamaches.

Le père, embauché à la filature Saint de Gamaches, bénéficie d’un logement au lieu-dit « Les Quatorze maisons ». C’est dans cette maison que naît Joseph, après Elisa, et avant Jeanne. Au total, chez les MENIVAL, il y a huit enfants.

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Dans les quatorze maisons du quartier, il y a également plusieurs grandes familles. Les DUBOIS et les COUSIN, par exemple, dont plusieurs garçons ont sensiblement le même âge qu’Edouard ou Joseph.

Comme dans les autres familles ouvrières des Quatorze maisons, le but des fils MENIVAL est de se faire embaucher le plus tôt possible par l’usine Saint.

Dès qu’il atteint l’âge légal, Joseph devient donc ouvrier dans la filature, où il rejoint son père, ses frères et ses sœurs aînées.

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A 20 ans, Joseph est convoqué devant le Conseil de Révision, à l’hôtel de ville de Gamaches. Joseph MENIVAL est affecté au 120e Régiment d’Infanterie de Péronne et incorporé le 10 octobre 1912.

Au 120e, il retrouve de nombreux jeunes hommes de la Vallée de la Bresle et du plateau du Vimeu.

Joseph a effectué près de deux années de service militaire quand la guerre est déclarée, le 3 aout 1914. Depuis 9 mois, le 120e RI a quitté la caserne Foy, à Péronne, pour celle de Chanzy, à Stenay, dans la Meuse. Les gars du 120e savent bien qu’ils vont être en première ligne. Si leur régiment a été transféré, dès les premiers signes faisant craindre une possible guerre avec l’Allemagne, c’est parce qu’ils seront envoyés les premiers. Quand tous les mobilisés arrivent, dans les jours qui suivent la mobilisation générale, les hommes du 120e sont déjà prêts.

Pour la grande offensive du 22 août, en Belgique, le 120e est associé aux 9e et 18e Bataillons de Chasseurs à Pied, et à plusieurs batteries du 42e Régiment d’Artillerie. Leur objectif : franchir la frontière et parcourir une vingtaine de kilomètres, au-delà de la rivière Semois, où doivent être positionnés les Allemands.

Le 22 août au matin, quand les hommes du 120e se font tirer comme des lapins dans la plaine du Radan, à Bellefontaine, par les mitrailleuses allemandes, ils sont encore bien loin de la Semois. Les Allemands ont profité de la journée du 21 et de la nuit, pour se rapprocher de la frontière, et surprendre les assaillants qui avaient encore en tête les positions communiquées le 20 par les missions de reconnaissance.

C’est la fin du voyage pour Joseph MENIVAL. Il meurt dans la plaine du Radan, deux jours avant ses 23 ans.

190 autres jeunes hommes de la Somme sont tués, comme lui, à Bellefontaine le 22 août, dont 188 effectuaient ensemble leur service militaire. Plusieurs centaines sont blessées. Ceux qui ne peuvent être transportés le jour même par l’Armée française sont laissés sur place et soignés dans les maisons du village transformées en ambulance. Ils seront emmenés, fin août, en Allemagne pour y poursuivre la guerre dans des camps de prisonniers.

Joseph MENIVAL est le seul jeune homme, des Quatorze maisons, qui ne rentre pas de la guerre. Mais pour les autres, le conflit a laissé des traces. Les frères DUBOIS reviennent malades, pour l’un, Alfred, avec la tuberculose, et pour l’autre, Charles, après avoir été évacué en décembre 1914 pour typhoïde, et à son retour de l’Armée d’Orient, pour paludisme. Maladie qui ne l’a jamais quitté.

Chez les COUSIN, Joseph revient avec de l’emphysème pulmonaire, et Marcel, est réformé en novembre 1917 pour une tuberculose bilatérale. Marcel en meurt le 26 août 1918 à Gamaches.

Les autres frères MENIVAL sont revenus vivants, et pas trop atteints physiquement (Napoléon avec des troubles digestifs et Edouard avec des rhumatismes aux deux pieds !), mais les frères MENIVAL ont perdu leur petit frère.  C’est Edouard, avec sa femme et ses enfants, qui, après la guerre, a repris le logement familial des Quatorze maisons, en continuant, bien sûr, à travailler à l’usine textile Saint.

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Le nom de Joseph MENIVAL a été inscrit sur la plaque commémorative de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Gamaches. Pourquoi n’a-t-il pas été gravé sur le monument aux morts de Gamaches ? Personne ne le sait aujourd’hui.

Le 28 avril 2019, l’erreur a été corrigée. Grace à l’action de « De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » et des Anciens Combattants de Gamaches, le nom de Joseph MENIVAL a été ajouté. Malgré des recherches et le relais des journaux locaux, aucun MENIVAL n’était présent à la cérémonie ce jour-là.

L.J et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Philippe HELLYE a réalisé la collecte de données pour la commune de Gamaches.

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Cérémonie du 28 avril 2019 à Gamaches

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Présence d’un drapeau belge, de Bellefontaine, porté par René Bastin

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