UN JOUR, UN PARCOURS – Joseph DESANGLOIS, de Vismes-au-Val

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 15 juillet 1892, Joseph DESANGLOIS était ébéniste.

Originaire de Biencourt,  à côté du Translay, dans la Somme, Sulpice, le père de Joseph est venu s’installer à Vismes-au-Val après avoir épousé Léontine, une fille du village. Son père était tailleur d’habits à Biencourt, mais lui n’a pas suivi la même voie. Sulpice est ébéniste.

Ils habitent rue de Saint-Maxent à Vismes-au-Val, avec Elisa, la mère de Léontine. En 1892 naît Joseph, puis, cinq ans plus tard, son frère André.

Les territoires des villages de Vismes et de Saint-Maxent, dans le canton de Oisemont, sont distants de quelques centaines de mètres. Joseph a de nombreux copains dans le village voisin.

Saint-Maxent est situé sur la grande voie de communication entre Rouen et Abbeville. On y trouve donc beaucoup plus de commerçants et de débits de boissons qu’à Vismes. Mais Vismes et Saint-Maxent sont avant tout des villages agricoles. Les nombreuses fermes y occupent une grande partie de la population. Les verreries de Saint-Maxent et Martainneville ont également besoin de main d’oeuvre locale. Et, dans les deux villages, l’artisanat est bien présent en ce début du XXe siècle.

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Joseph est ébéniste, comme son père.

Quand Joseph atteint l’âge de 20 ans, il est convoqué au Conseil de Révision. Ils sont plusieurs des villages du canton à être convoqués en même temps. Et quand vient l’heure des décisions d’affectation, tous espèrent se retrouver dans le même régiment que les copains.

Joseph est affecté au 12e Régiment d’Artillerie, à Vincennes. Pas de chance ! Il aurait préféré le 128e  RI d’Abbeville ou le 72e RI d’Amiens pour rester dans la Somme. Par contre, il a la chance d’être avec Emile MALDUC et Léonce LOGEZ, deux copains de Saint-Maxent. Ils habitent tous les deux Rue du Sac, à Saint-Maxent. Léonce est berger, et Emile est bourrelier.

Les trois jeunes hommes prennent le train dans leurs villages, le 10 octobre 1913. Ils se retrouvent dans le même wagon, et, à la gare de Longpré-les-Corps-Saints, ils descendent et montent dans un train pour Paris via Amiens. Le voyage va être long, mais ils pourront parler ensemble du pays.

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En juillet 1914, le 12e Régiment d’Artillerie est transféré dans les Vosges, à Bruyères. La guerre est imminente et de nombreux effectifs de l’Armée d’Active sont rassemblés à proximité des frontières avec l’Alsace, la Moselle, le Luxembourg et la Belgique. Quelques jours après la déclaration de guerre, le 12e RA participe à l’offensive française pour chasser les troupes allemandes d’Alsace. Après la belle victoire française dans le secteur d’Altkirch, le 8 août, l’Armée française était euphorique. Mais dès le lendemain, la contre-attaque allemande a prouvé qu’il serait difficile de reprendre l’Alsace-Moselle. Le 12e RA se dirige vers Sarrebourg.

Le 14 août, Emile MALDUC, le bourrelier de Saint-Maxent, est grièvement blessé par éclats d’obus dans le bas du dos. Plaies multiples de la région lombo-fessière gauche, il est évacué vers l’arrière pour y être soigné.

Le 19 août, les combats sont violents mais l’avancée des Français est significative, jusqu’à se heurter contre des fortifications aménagées par les Allemands. L’Etat-Major français poursuit les combats le 20, tout en sachant que la défaite est inexorable. Les morts se comptent par centaines. Aussi bien en Alsace qu’en Moselle, l’ordre de retraite est donné.

Le 12e RA compte ses premiers morts. Parmi eux, il y a Léonce LOGEZ, le berger de Saint-Maxent, tué à Vallerysthal.

L’ordre est donné à la 1ère Armée française de poursuivre le combat à proximité des frontières avec la Moselle. L’offensive est lancée vers Baccarat.  Joseph DESANGLOIS, l’ébéniste de Vismes-au-Val est blessé à la cuisse gauche par balles de shrapnel. Evacué, Joseph est hospitalisé pendant plusieurs mois. Quand il revient au front, en décembre 1914, son copain Emile MALDUC est toujours sur un lit d’hôpital.

Revenir au front après une grave blessure. Revenir au front alors que les copains ont été tués ou gravement blessés à ses côtés.  A peine rentré de convalescence, Joseph est évacué pour maladie, alors que son régiment a été transféré en Artois.

Dès les premiers mois du conflit, Joseph a compris que l’horreur serait à ses côtés, et la mort jamais très loin.

Joseph revient fin mars 1915. Il est nommé maître-pointeur. Son régiment combat dans le secteur de Verdun, puis dans la Somme, le Chemin des Dames. Le 17 juillet 1918, pendant la Bataille d’Amiens, Joseph est blessé aux deux jambes, par éclats d’obus. Ce sera son dernier champ de bataille. Quand il est considéré comme guéri, l’Armistice a été signé. Joseph est démobilisé en août 1919. Il rejoint alors le département du Doubs et se marie, en novembre 1919, à Mathay, avec Louise Marie.

Joseph DESANGLOIS s’installe alors en Franche-Comté où il fonde une famille avec Louise Marie. Embauché aux usines Peugeot, Joseph devient, quelques années plus tard, chef d’équipe. La guerre n’a pas détruit tout droit au bonheur pour Joseph.

Dans le Vimeu, à Saint-Maxent, les larmes ont été versées dans les familles de ses deux copains du 12e RA.  Le nom de Léonce LOGEZ, le jeune berger, est inscrit sur le monument aux morts du village, en première position. Il a été la première victime de la commune. Il avait 21 ans.

Soigné pendant près de douze mois suite à sa première blessure, Emile est reparti au front. Il a encore été blessé plusieurs fois, et intoxiqué par le gaz. Emile MALDUC est mort le 27 décembre 1922 à Saint-Maxent.  La guerre l’a tué, lui aussi. Il avait 30 ans.

Joseph DESANGLOIS a reçu deux citations pour son courage sous les bombardements, et a été promu Chevalier de la Légion d’honneur en 1960.

Joseph est décédé, à Mathay, dans le Doubs, le 23 mai 1976, à l’âge de 83 ans.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Jean DELHAYE a réalisé la collecte de données pour la commune de Vismes-au-Val et Alain CAYEUX celle pour la commune de Saint-Maxent.

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