UN JOUR, UN PARCOURS – Alfred PADÉ, d’Ault-Onival

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 14 juillet 1892, Alfred PADÉ habitait le lieu-dit Onival, à Ault.

Le grand-père d’Alfred est venu s’installer à Ault. Originaire de Lanchères, près de Cayeux-sur-Mer, il exerçait la profession de courtier en mouture. Il a eu deux fils, Romain et Raymond.

Raymond s’installe avec Angèle, une fille née à Mers. Ils ont trois fils prénommés Ernest, Louis et Alfred.

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Le travail ne manque pas sur le plateau du Vimeu, au-dessus du bourg d’Ault. A Friaucourt, à Béthencourt ou à Tully, il est facile de se faire embaucher dans les usines de serrurerie. Si Louis, le deuxième fils, devient tailleur de limes, Alfred et son frère aîné prennent une autre voie. Ernest est maçon, et Alfred devient apprenti-cordonnier.

Quand la guerre est déclarée, début août 1914, les trois frères sont mobilisés. Alfred qui avait débuté le service militaire au 51e Régiment d’Infanterie de Beauvais, change de régiment. Il retrouve de nombreux copains de la région au 128e RI. C’est le régiment qui casernait, avant la guerre, à Abbeville.

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Avec le 128e, il se retrouve confronté aux combats dans la Marne, en Argonne, dans la Meuse, avant d’être, à nouveau, affecté au 51e RI. Pendant la Bataille de la Somme, Alfred est blessé. A Berny-en-Santerre, il est évacué pour plaies multiples par éclats d’obus, fractures compliquées de la hanche et jambe gauche, et plaie au pied droit. C’est sa première blessure et elle est grave. En cette fin septembre 1916, Alfred va devenir définitivement une victime de la guerre. Il doit être amputé au niveau de la cuisse gauche. En avril 1917, alors que la rééducation commence à peine, il bénéficie d’une pension de retraite par la Commission de Réforme de Paris. Il se retire alors à Ault. Cité à l’ordre du régiment pour son « courage et son sang-froid » et pour son « dévouement remarquable », Alfred reçoit après la fin de la guerre plusieurs décorations. Alfred PADE quitte Ault pour s’installer à Picquigny, dans la Vallée de la Somme, entre Amiens et Abbeville. Il rencontre Fernande, jeune veuve avec deux enfants, et s’installe avec elle. Ensemble, ils ont deux enfants supplémentaires, Gillette et Georges.

Les frères d’Alfred ont également fait la guerre. Louis, le tailleur de limes, après avoir combattu sur le front de l’Ouest, part, en octobre 1917, en Serbie. Malade sur place, il doit être rapatrié. Une fois guéri, il continue toutefois le combat, en France, et est blessé le 12 août 1918 lors de la Bataille de Saint-Quentin. Il est démobilisé définitivement en janvier 1920. Mais la maladie est toujours présente, bien après la signature de l’Armistice. La commission de réforme d’Amiens, chargée de l’examiner pour savoir s’il reste mobilisable en cas de nouveau conflit, conclut, en octobre 1929 : « tuberculose pulmonaire et paludisme- état général très mauvais ». Louis meurt en janvier 1930 à Ault.

Ernest, le frère aîné, a été fait prisonnier par les Allemands en avril 1916. Son état de santé étant tellement dégradé que les Allemands ont renvoyé ce prisonnier de guerre en France en juillet 1918. Examiné régulièrement par les commissions de réforme, l’état de santé d’Ernest est jugé médiocre. En 1929, la commission d’Amiens le réforme définitivement pour « emphysème pulmonaire et bronchite chronique ».

Après la guerre, Alfred PADE est parti vivre à La Chaussée Tirancourt, chez Maricourt. Un jour, à Picquigny, en le voyant passer devant sa porte, Fernande lui dit « Entre ici, malheureux, pour boire un café! ». Une histoire d’amour est alors née. La guerre avait aussi frappé de plein fouet Fernande. Son mari, Albert GRICOURT, avait été tué en mai 1918, au Mont Kemmel, en Belgique, la laissant seule avec ses deux enfants, Aliette, née en 1910, et René, né en 1916. De l’union d’Alfred PADE et de Fernande sont nés Gillette, Georges, Pierre et Pierrette.

Alfred a choisi de reprendre le métier qu’il avait appris étant jeune. Malgré le handicap d’une jambe en moins, Alfred a exercé, pendant plusieurs années, le métier de … cordonnier.

Même si son handicap nécessitait la prise de nombreux médicaments, Alfred était très actif. Il cultivait plusieurs jardins, y compris dans les marais.  Il était aussi boueux pour la commune, avec l’aide des ses ânes nommés Pétard et Rosalie. Faisant le tri dans les déchets ramassés, il conservait tout ce qui pouvait servir à amender ses jardins. On le voyait aussi régulièrement près du terrain de football, servant à boire aux spectateurs.

Après la Seconde Guerre mondiale, il a été promu officier de la Légion d’honneur.

Alfred PADE est mort le 12 avril 1984, à Picquigny, à l’âge de 91 ans.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Michel VERDIER a réalisé la collecte de données pour la commune d’ Ault.

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Un commentaire sur « UN JOUR, UN PARCOURS – Alfred PADÉ, d’Ault-Onival »

  1. D abord M;Pade Alfred et d apres ce que j ai toujours entendudire parce que etant toujours chez lui et avec ma Grand mere Fernande ….celui ci revenant de la guerreet d Amiens pour aller vivre a La Chaussee Tirancourt chez Maricourt ….Fernande sur son pas de porte et le voyant passer ..lui a dit ..entre ici malheureux pour boire un cafe …En fait il y est reste pour toujours ..Il avait appris le travail de cordonnier parce que Mutile A ..100 et 8 pour 100 .. Je sais tres bien pour etre aller chercher ..x fois ses ordonnances delivrees par le Dr Pierre Bonte ..IL avait un gros Carnet de Sante de L ETAT .. 2 Feuilles ou etaient notees ses blessures .. Patrice tu parles de grand pere Pade ..C est tres honorable ;il ne faut pas oublier que grand mere Fernande avait ete marie et que celui Albett Gricourta ete tue a lafin de la guerre en 1918 en Belgique et ilest Inhume au Mont Kemmel ..de ce mariage sont nes ma mere Aliette et Rene …Puis avec grand pere Pade je ne sais plus dans quel ordre Gilette et Georges et ensuite ton pere Pierre et Pierrette …Grandpere Pade faisait aussi des jardins 2 en face du veterinaire et aussi dans le marais 2 ..je lui ai connu 2 anes Petard et Rosalie une anesse grise pommelee ..que j ai vu partir..devant la porte de Tourbier…il a auusi ramasse les poubelles pour la commune il separe les cendres du reste pour son jardin ;;;;;il a aussi monte de la boisson au terrain de foot dans les champs ;

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