UN JOUR, UN PARCOURS – Alphonse BEDOT, de Jumel

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 11 juillet 1891, Alphonse BEDOT a reçu comme prénoms Marie Constant Frédéric Alphonse. C’est finalement le 4e prénom, celui d’Alphonse, qui a été utilisé pendant sa vie.

Ernestine est née à Jumel. Elle a rencontré Vital, un bûcheron de Castel, village situé à 5 km de Jumel, au bord de la rivière L’Avre.

Jumel est un village de moins de 300 habitants, à la fin du XIXe siècle. Il est voisin de Berny et d’Ailly-sur-Noye, dans le département de la Somme, au Sud d’Amiens. La proximité avec Ailly, le chef-lieu de Canton, permet aux habitants de disposer de tous les commerces. A Ailly, il y a aussi la Poste, le télégraphe, la Caisse d’Epargne, et bien sûr, le chemin de fer. C’est la grande ligne Paris-Amiens qui passe à moins d’un kilomètre du village de Jumel.

Les principales cultures sont le blé, le seigle, l’orge, le méteil et l’avoine. Une des principales ressources des villageois reste la vente des produits de la basse-cour. Avec les marchés d’Ailly, il est facile d’écouler œufs, beurre ou crème, et aussi la volaille et les lapins.

La famille de Vital, comme presque toutes les familles de Jumel, possède une basse-cour. Pour les besoins de la famille, et quand il y en a un peu trop, on vend quelques œufs ou quelques lapins. Vital n’est pas agriculteur. Il est bûcheron, comme son beau-père, le père d’Ernestine.

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La famille vit ensemble, Rue des Vignes, à Jumel, chez Alphonse et Zélia PICARD, les grands parents du petit Alphonse.

Une année après la naissance d’Alphonse, naît Hector. La famille est maintenant au complet. Il n’y aura pas d’autres enfants. Vital et Ernestine ont deux fils.

Pour l’école, pas besoin d’aller à Ailly-sur-Noye. Le village a sa propre école mixte, et c’est Monsieur Bisson qui en est l’instituteur.

Même si Alphonse et Hector BEDOT sont de bons élèves, ils ne vont pas, ensuite, en études supérieures. Travail du bois et travail des champs occupent largement leur temps. Avec le père, ou chez les fermiers de Jumel, le travail ne manque pas, surtout au beau temps.

En travaillant, Alphonse a un accident. Le travail de bûcheron présente de nombreux risques, et, malheureusement pour lui, il perd l’œil droit et porte une grande cicatrice sur la joue gauche. Il a, malgré tout, eu de la chance.

Quand il passe devant le Conseil de Révision, à Ailly, Alphonse, malgré son handicap,  n’est pas réformé. Il incorpore, le 9 octobre 1912, la 6e Section des Secrétaires d’Etat-Major à Chalons-sur-Marne. Savoir lire et écrire lui évite ainsi un service militaire trop pénible. Mais la santé d’Alphonse n’est pas bonne, et quand la guerre est déclarée, le 3 août 1914, il n’est pas envoyé au combat. La Commission de réforme, réunie à plusieurs reprises, confirme son incapacité à combattre. En avril 1917, au moment des terribles combats du Chemin des Dames, les effectifs de l’Armée française sont au plus bas. Alphonse est alors affecté au 15e Régiment d’Infanterie. Le régiment, après l’enfer au Mort-Homme, près de Verdun, au printemps 1917, intervient surtout, ensuite, dans le secteur des Vosges et de l’Alsace. En mai 1918, il part combattre en Flandres, avant de participer, à l’été 1918, à la dernière grande offensive française visant à chasser définitivement les Allemands.

Quand Alphonse est démobilisé, le 18 juillet 1919, il revient chez ses parents à Jumel. Mais la maladie a gagné du terrain. Les gaz ont atteint les poumons.

Ernestine s’accroche à un mince espoir. Elle a encore un fils. Le plus jeune, Hector, lui, ne reviendra pas.

Incorporé au 128e Régiment d’Infanterie d’Abbeville, pour y effectuer son service militaire en octobre 1913, Hector a été blessé gravement dès les premières semaines de guerre. Blessé à la fesse droite par éclat d’obus, pendant la Bataille de la Marne, il n’est revenu au combat, après un long séjour à l’hôpital, qu’en janvier 1915.  Six semaines après son retour au front, il est tué lors d’une patrouille, à Beauséjour, dans la Marne.

Alphonse meurt le 9 novembre 1919, à l’âge de 28 ans. Son frère Hector, a 22 ans pour toujours.

Quand débutent les cérémonies du premier 11 novembre, en 1919, pour honorer les victimes de la guerre, Ernestine n’a plus de fils. Avant la guerre, elle en avait deux. Deux jeunes garçons qui avaient la vie devant eux…

Même si Alphonse n’a pas été déclaré « Mort pour la France », les noms d’Alphonse BEDOT et d’Hector BEDOT sont inscrits sur le monument aux morts de leur village de Jumel.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  André MELET a réalisé la collecte de données pour la commune de Jumel.

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