UN JOUR, UN PARCOURS – Alfred HECQUEFEUILLE, de Saint-Ouen

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 27 juin 1892, Alfred HECQUEFEUILLE est originaire de Saint-Ouen, dans la Somme.

Fils d’un mécanicien, Henri, et d’une ménagère, Pauline, Alfred voit le jour, au domicile de ses parents, Ruelle Blond, à Saint-Ouen.

Le fils aîné se prénomme Henri, comme son père. Georges, est le second. Alfred est le troisième garçon de la famille, suivi, deux ans plus tard, par Emile Henri, que tout le monde surnomme Laurent.

Les parents, Henri et Pauline, sont originaires du Pas-de-Calais, et, tous les deux, issus de familles d’ouvriers, ont rejoint le département de la Somme pour s’y faire embaucher. Le père est né à Frévent et la mère à Buire-le-Sec.

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Dans la Somme, l’activité textile marque de son empreinte, en cette fin de XIXe siècle, la Vallée la Nièvre et une partie de la vallée du fleuve Somme, entre Amiens et Abbeville. Berteaucourt-les-Dames, Flixecourt, L’Etoile, Condé-Folie, les usines de Charles Saint et de ses frères ont transformé les paysages. Loin de se contenter d’implanter des lieux de production de toilerie, de velours et de corderie, les frères Saint ont construit des cités ouvrières gigantesques pour y loger les travailleurs au plus près des usines. Le paternalisme des Saint a abouti à ce que ces cités deviennent des lieux de vie avec la mise en place de magasins coopératifs, de services sociaux, d’écoles. Des voies de chemin de fer privées ont été construites par les patrons pour, à la fois relier les usines entre elles, mais aussi les relier au réseau des Chemins de fer du Nord.

Dans la Somme, plus de 9 000 ouvriers travaillent dans et pour l’empire des Frères Saint.

Chaque usine a sa spécialité. A Saint-Ouen, commune où grandit Alfred HECQUEFEUILLE, les ouvriers fabriquent essentiellement de la corderie et de la cordagerie.

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Henri, le père, est tourneur en fer dans l’usine de Saint-Ouen. Tous les enfants, dès qu’ils atteignent l’âge de douze ans, rejoignent leur père dans l’entreprise de Monsieur Charles.

Alfred est cordier. Les enfants HECQUEFEUILLE sont, selon les besoins, cordiers, fileurs ou peigneurs.

La commune est une véritable fourmilière au début du XXe siècle. Alors que Saint-Ouen, petit village agricole, comptait moins de 700 habitants avant l’implantation de l’usine de textile, on y compte, en 1911,  3 300 Saint-Ouennais. Ils sont originaires de communes de toute la Somme, mais aussi du Pas-de-Calais, comme les parents d’Alfred, ou de bien plus loin. Saint-Ouen n’est plus un village agricole, mais bien une ville ouvrière.

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Alfred est incorporé, en octobre 1913, au 128e Régiment d’Infanterie d’Abbeville pour y effectuer son service militaire. Dans les premiers mois de guerre, bien que mobilisé, Alfred n’est pas envoyé combattre. Il est classé en service auxiliaire, en raison de son mauvais état de santé, jusqu’en février 1915. Puis, séparé de ses copains de la Somme, il change à plusieurs reprises d’affectation : 148e RI, 147e RI et 33e RI. Avec ces régiments, il combat dans l’Aisne, autour de Verdun, dans la Somme. C’est d’ailleurs pendant la Bataille de la Somme, en septembre 1916, qu’il est blessé. Après une courte convalescence, Alfred revient.

Il est déclaré disparu le 15 juillet 1918 dans la Marne, à Bouquigny. Trois années plus tard, le tribunal de Doullens le déclare « tué à l’ennemi ».

Emile dit Laurent, son frère cadet, a également été mobilisé. Incorporé au 51e Régiment d’Infanterie de Beauvais, le 26 août 1914, il a été tué, le 31 décembre 1914, dans le secteur de Vienne-le-Château.

Après la guerre, la Ruelle Blond est devenue la Rue Victor Hugo, mais rien n’a vraiment changé à Saint-Ouen. De nouvelles familles sont arrivées dans la vallée pour vivre du textile et bénéficier d’une forme de « confort ».

Le fils aîné, Henri, a repris la maison des parents. Il y vit avec son épouse, Marie. Le salaire se gagne, bien sûr, à l’usine Saint. Ce n’est plus Monsieur Charles le directeur, mais son fils. Henri, lui aussi, a un fils, né en 1905. Il l’a déclaré à la mairie de Saint-Ouen, avec le prénom d’Henri, comme son père l’avait fait avec lui.

Mais le petit Henri ne verra jamais ses oncles vieillir. Leur vie s’est arrêtée alors qu’ils n’avaient que 20 et 26 ans.

Les noms des deux frères  HECQUEFEUILLE sont inscrits sur le monument aux morts de Saint-Ouen.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Jean DELHAYE a réalisé la collecte de données pour la commune de Saint-Ouen.

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