UN JOUR, UN PARCOURS – Charles MENTION, d’Arrest

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 25 juin 1892, Charles MENTION a vu le jour Rue de la Crapaudière, à Arrest.

Son père, qui porte également le prénom de Charles, est serrurier.

Charles père, est originaire d’Arrest, petit village de la Somme situé dans le Vimeu maritime, à proximité de Saint-Valery-sur-Somme. Fortunée, son épouse, est née à Pendé, village voisin situé entre Arrest et Saint-Valery.

Charles fils, est le troisième de la fratrie. Ses frères aînés s’appellent Arthur et André. Les cadets sont Jules et Maurice, suivis, par la petite fille que Fortunée devait attendre depuis longtemps, prénommée Eugénie. Il y aura donc 5 garçons dans la famille !

Très jeunes, les garçons cherchent un emploi dans le village. Pendant que Maurice et Eugénie vont encore à l’école,  Arthur et Jules sont ouvriers-cordonniers chez Boquet-Magloire, Rue de la Basse-Boulogne, André est ouvrier en vis pour l’entreprise d’usinage de pièces métalliques Fauquet et Charles aide son père, qui a quitté le métier de serrurier pour devenir charcutier.

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Ayant été convoqué à ses 20 ans pour passer devant le Conseil de Révision, Charles se rend à pied à Saint-Valery. Il est apte et affecté au 128e Régiment d’Infanterie d’Abbeville, régiment où son frère aîné, Arthur, avait effectué son service militaire en 1908. La nouvelle de marcher sur les pas de son grand frère devrait réjouir Charles, mais ce n’est pas le cas. Son frère, Arthur est très malade. Il n’a pu effectuer la totalité des deux années de service militaire. Renvoyé dans son foyer, la maladie a continué à gagner du terrain. Arthur décède en février 1913 de l’ostéomyélite, à l’âge de 27 ans.

Le 10 octobre 1913, Charles arrive à la caserne Courbet d’Abbeville. Après quelques mois d’instruction, dans une période où la situation internationale est très tendue, Charles apprend par ses chefs l’imminence du conflit à venir. Quand la guerre est officiellement déclarée, le 3 août 1914, personne dans le régiment n’est surpris. Le 5 août, le 128e quitte Abbeville pour se rendre dans le département de la Meuse.

Le 128e connaît son épreuve du feu le 22 août près de Virton, en Belgique, puis participe activement à la Bataille de la Marne, début septembre. Alors que la guerre s’est enterrée dans les tranchées, et que le 128e évolue dans le bourbier de l’Argonne, Charles est fait prisonnier, le 19 décembre 1914. Il est interné à Giessen, au Nord de Francfort, puis au camp de Quedlinburg, entre Hanovre et Leipzig.

Son frère, André, incorporé au 8e Bataillon de Chasseurs à Pied, a, lui aussi, été fait prisonnier. Dès le 29 août 1914, il est déclaré disparu. C’est à Göttingen, puis à Cassel, en Allemagne, où il est retenu en captivité, qu’il est soigné. Sérieuse est la blessure, par « balles au thorax et dans la crête iliaque droite ». Une des balles ne pourra jamais lui être retirée.

Pendant que les plus anciens avaient été mobilisés, Jules et Maurice travaillaient avec leur père, à la charcuterie. Mais, à leur tour, ils ont aussi été appelés. Jules, dès l’automne 1914, et Maurice, beaucoup plus jeune, en avril 1918.

Jules est affecté au 2e Régiment de Zouaves avec lequel il connaît presque tous les champs de bataille. En mars 1918, alors que quelques jours de repos lui sont accordés, à Saint-Dizier, avant de livrer une grande offensive à Nomeny, en Meurthe-et-Moselle, il épouse Marie Denise Evrot, une Vosgienne réfugiée en zone libre, dont le métier est « dépensière ». Le 2e Régiment de Zouaves se rend ensuite, dès la mi-avril, dans la Somme pour participer aux derniers combats autour de Villers-Bretonneux et Moreuil.

Maurice est incorporé au 8e Régiment d’Infanterie. Au printemps 1918, personne ne sait que la guerre vit ses derniers mois. Les combats que mène le régiment dans le Sud de l’Aisne, dans le secteur de La Ferté Milon et le Nord de Château-Thierry, sont particulièrement violents. Mais Jules, comme Maurice, va survivre.

Charles est rapatrié d’Allemagne le 13 janvier 1919. Il bénéficie de 30 jours de permission qu’il passe chez sa mère. Son père est, hélas, décédé en avril 1916. Charles doit ensuite rejoindre le dépôt du 128e RI. La guerre n’est pas vraiment finie… Il n’est démobilisé que le 31 juillet 1919.

André est rentré d’Allemagne le 23 décembre 1918. Lui aussi doit servir le pays à son retour. Il est démobilisé fin avril 1919.

Charles se marie en 1920 avec Berthe, une fille d’Estreboeuf, village voisin d’Arrest.

Les Frères MENTION quittent tous Arrest après la fin de la guerre. Charles, employé comme conducteur à la Compagnie des Chemins de fer du Nord, part à Rouen. Si Maurice revient chez sa mère lorsqu’il est démobilisé, en mars 1921, il n’y reste pas longtemps. Il part, comme Charles, à Rouen, puis s’installe ensuite à Amiens. André, lui, rejoint son frère, Jules, à Saint-Dizier, où il s’installe.

La charcuterie d’Arrest, Rue de la Crapaudière, restera définitivement fermée.

Les fils de Fortunée sont revenus vivants de la guerre. Mais ils ne seront jamais charcutiers.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Danièle REMY a réalisé la collecte de données pour la commune d’ Arrest.

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