UN JOUR, UN PARCOURS – Emile WALLET, de Chepy

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 23 juin 1892, Emile WALLET est originaire de Chepy.

Parents nés à Chepy, grands-parents nés à Chepy, le jeune Emile ne pouvait naître ailleurs que dans ce petit village du Vimeu, situé entre Abbeville et Mers-les-Bains, à proximité de Feuquières-en-Vimeu.

Le père se prénomme Arthur. Il est tisserand, comme son père l’était avant lui. Arthur épouse Irma, une fille du village, dont les parents sont également tisserands. La destinée d’Emile, leur premier enfant, est toute tracée…

La famille s’agrandit avec l’arrivée d’une fille, Adeline, quatre ans plus tard.

La vie des Chepois a changé quand la ligne de chemin de fer entre Abbeville et Le Tréport a été mise en service, seulement dix ans avant la naissance d’Emile. Avant l’arrivée du train dans la commune, plus de la moitié des familles vivaient du textile. Tisserands, teinturiers, bobineuses, tisseurs, modistes, fabricants de toiles… les ateliers familiaux étaient partout et les enfants, dès leur plus jeune âge, aidaient les parents.

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Avec l’arrivée du train, les déplacements étant facilités, beaucoup de Chepois vont chercher du travail ailleurs. Même s’il reste encore des tisserands au début du XXe siècle, on trouve de nombreux serruriers, à Chepy, travaillant dans les usines de Fressenneville ou de Feuquières.

Comme toujours, la gare a créé son lot d’emplois nouveaux, avec un chef de gare, un comptable, des cantonniers, et deux garde-barrières. Et comme dans presque tous les villages de la Somme, les débits de boissons – assurant également la fonction d’épicerie – sont très nombreux. Rien que sur la place du village, il y en a quatre.

L’enfance d’Emile alterne donc entre l’atelier de tissage à domicile des parents, les bancs de l’école de Monsieur Cailleux, les travaux dans les fermes, notamment, pendant la moisson, et les jeux avec les copains de son âge.

En 1912, Emile se rend à Moyenneville, chef-lieu de canton, pour passer devant le Conseil de Révision. Comme c’est souvent le cas, les compétences techniques spécifiques sont prises en compte par l’Armée pour définir l’affectation. Les compétences de tisserand permettent à Emile d’être affecté dans…l’Artillerie. Il rejoint le 17e Régiment d’Artillerie de La Fère, dans l’Aisne, le 9 octobre 1913.

Après la déclaration de guerre, le régiment se déplace vers le Nord-Est de la France. C’est à proximité de la frontière belge qu’il participe aux premiers combats, fin août 1914.

Affecté, tout d’abord, à la 36e Batterie du 17e RA, il change ensuite de batterie, puis de régiment. Emile connaît tous les champs de bataille autour de la Marne, de l’Argonne, de Verdun. Il combat également dans l’Oise – dans le secteur de Lassigny – puis dans les Vosges, avant l’enfer du Chemin des Dames au printemps 1917, puis repart à Verdun et dans le secteur de Nancy. Début mars 1918, il est envoyé combattre en Serbie.

Emile est un miraculé. Alors que beaucoup de copains sont tombés à ses côtés, Emile revient de la guerre sans une blessure physique.

Il est démobilisé en août 1919, et revient, six ans plus tard, dans son village de Chepy. Quand Emile est parti pour effectuer son service militaire, il avait 21 ans.

Il en a 27 quand il peut, enfin, vivre en paix.

Classé dans l’affectation spéciale des Chemins de Fer de campagne, après l’Armistice, Emile reste ensuite employé à la Compagnie des chemins de fer du Nord. Il épouse Marthe, une Chepoise, et va, avec elle, s’installer à Mers-les-Bains, près de la Gare du Tréport-Mers, pendant que ses parents et sa sœur vivent toujours à Chepy.

Emile est ensuite chauffeur de route, à Lille, puis il s’installe avec Marthe à Hellemmes, en banlieue lilloise. C’est dans cette commune qu’il meurt, le 28 mai 1941.

Arthur, le père d’Emile est resté tisserand, à Chepy, jusqu’à la fin de sa vie.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Marie-Hélène CABOT a réalisé la collecte de données pour la commune de Chépy.

L’orthographe officielle du nom de la commune est maintenant « Chépy », mais l’accent ne fait pas l’unanimité auprès de la population locale. Dans l’article, nous avons volontairement laissé « Chepy » sans accent comme on le disait au début du XXe siècle, d’autant qu’en picard, on dit Ch’py.

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