UN JOUR, UN PARCOURS – Adrien MACLAIRE, de Framicourt

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 19 juin 1891, Adrien MACLAIRE est un fils d’agriculteur.

Qui connaît Framicourt, son village de naissance ? Si le village l’est peu, ce secteur du plateau du Vimeu est bien connu par un monument assez exceptionnel. Framicourt est situé à côté des villages du Translay et de Rambures, là où a été construit, au XVe siècle, un impressionnant château fortifié en brique et pierre.

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Mais Adrien n’est pas châtelain. Le père d’Adrien se prénomme Josse. Il est originaire de Maigneville, hameau de Frettemeule.  Quand il a épousé Adrienne, à Framicourt, ils se sont installés au hameau  de Witainéglise, à quelques centaines de mètres du chef-lieu. C’est là que sont nées, Berthe et Mathilde, les sœurs aînées d’Adrien. Josse et Adrienne sont agriculteurs.

Puis Josse a trouvé une petite ferme, Rue Verte, à Framicourt-le-Petit. Adrien est né dans cette ferme, suivi, quelques années plus tard, par un autre fils, Clotaire.

La vie est la même, à cette époque, pour tous les fils de fermiers du secteur. On doit participer, avant tout, au bon fonctionnement de la ferme, et, quel que soit l’âge, on donne un coup de main. C’est entre la ferme, les bancs de l’école, et la nature environnante que se passe la jeunesse d’Adrien.

Malgré quelques rivalités territoriales héritées des générations précédentes, les enfants de Framicourt aiment à retrouver ceux des villages voisins, comme Le Translay et Rambures. Il faut dire que dans le tout petit village de Framicourt, à part Charles FROIDURE, aucun garçon n’a l’âge d’Adrien.

C’est bien l’amitié, le travail et la liberté qui rythme la vie des garçons, à cette époque, dans les villages de la Somme.

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Quand vient l’heure du service militaire, en octobre 1912, Adrien est affecté au 120e Régiment d’Infanterie de Péronne.  Beaucoup de jeunes hommes du Vimeu , comme lui, vont se retrouver ensemble pour deux ans, à la caserne Foy de Péronne. Adrien débute en même temps que Jules BOUTHORS et Raoul LIAUX, de Rambures, des copains de jeu. Puis, un an plus tard, il voit arriver Edmond DAMERVAL, Léon DENISOT, Joseph HETROY, du Translay. La bande d’enfants qui aimait à jouer dans les bois, autour du château de Rambures, est presque reconstituée. Le service militaire, entre temps, est passé de deux à trois ans, mais qu’importe, puisque les copains sont présents.  Une bande de 6 copains inséparables.

Dès la fin juillet 1914, les officiers du 120e RI expliquent le contexte à leurs hommes. La guerre est inévitable. Le régiment est déjà caserné à Stenay, dans la Meuse, depuis plusieurs mois, dans l’éventualité où les frontières belge et alsacienne devraient être défendues.

Pour le 120e RI, les premiers combats se déroulent  à Bellefontaine, en Belgique. Sans savoir que les mitrailleuses allemandes ont été positionnées en lisière des bois, les jeunes fantassins au pantalon rouge s’engagent dans la plaine du Radan.

Léon DENISOT et Edmond DAMERVAL, du Translay, n’iront pas plus loin. Leur vie a pris fin, à l’âge de 21 ans, dans ce petit village du Luxembourg belge.

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Après la retraite de l’Armée française, la terrible Bataille de la Marne, puis les tranchées de l’Argonne, les pertes sont déjà très importantes, dans ce régiment, alors que l’automne 1914 commence à peine.

Joseph HETROY, de Rambures, est mort le 28 septembre. La petite bande de copains est décimée.

C’est dans la Marne qu’Adrien va terminer sa courte vie. Hospitalisé à l’hôpital de Vitry-le-François, des suites de la « fièvre typhoïde-tuberculose aigüe », il meurt le 18 octobre 1914.

Quand moins de six mois plus tard, Raoul LIAUX est tué à Mesnil-les-Hurlus, Jules BOUTHORS devient le seul rescapé de la bande des six. Dans quel état d’esprit peut-il aborder la suite ? La suite de la guerre, mais aussi la suite de sa vie. Jules est un rescapé. Cité à l’ordre du régiment et titulaire de la Légion d’Honneur, la France salue son courage. Jules a perdu un œil à la guerre.

Le copain de Framicourt qui avait le même âge qu’Adrien, Charles FROIDURE, de santé fragile, n’est pas parti avec son copain, en octobre 1912, car il avait été exempté du service militaire, pour « faiblesse et arrêt de développement ». Mais l’armée ayant besoin de compléter ses effectifs, notamment après les combats du Chemin des Dames, en avril 1917, a mobilisé de nombreux exemptés, même ceux en mauvaise santé, comme Charles. Il a été envoyé combattre, loin de la France, avec l’Armée d’Orient, puis revenu à l’été 1918, il est tombé malade. Mais lui est revenu vivant.

Dans la petite ferme des MACLAIRE, à Framicourt-le-Petit, la vie continue. Josse et Adrienne sont toujours fermiers, et Clotaire, leur fils, travaille avec eux. Clotaire, mobilisé en 1917, et parti certainement la peur au ventre, mais Clotaire est revenu vivant.  Abimé, traumatisé, mais…vivant.

Le nom d’Adrien MACLAIRE est inscrit sur le monument aux morts de Framicourt.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Jean-Claude MAISON a réalisé la collecte de données pour la commune de Framicourt.

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