UN JOUR, UN PARCOURS – Olivier MIANNAY, du Quayet (Allery)

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 15 juin 1893, Olivier MIANNAY est un enfant du Quayet, quartier situé sur les hauteurs d’Allery.

Son père, prénommé aussi Olivier, est originaire de Fontaine-sur-Somme, commune bordant le fleuve Somme, située à dix kilomètres d’Allery. Olivier est venu retrouver son frère, Alphonse, déjà à Allery depuis plusieurs années. Le travail ne manque pas dans la commune. Olivier rencontre alors Emma, une Alléroise. Il l’épouse. Olivier est domestique de ferme, puis il devient bûcheron, dans la commune. Leur fils, Olivier, sera leur enfant unique.

Au début du XXe siècle, la commune compte plus de 1 000 habitants. Allery est un point central du tissage dans la Somme avec huit usines et au moins 350 métiers à tisser à domicile. C’est le métier qu’exerce Emma, la mère d’Olivier, tisseuse à domicile, au Quayet . Pour les Allérois, la commune est découpée en deux parties bien différentes. Ce qu’ils appellent « La Ville », c’est la partie située en fond de vallée, près de la petite Rivière de Dreuil. L’autre partie, c’est Le Quayet. Des rues et des chemins pentus, sur le versant Nord-Ouest, en direction de Mérelessart et d’Hallencourt. Les habitants du Quayet sont plus nombreux que ceux de « La Ville ».

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Au Quayet, presque tous les voisins sont tisserands, soit à domicile, soit à l’usine. Ici, l’industrie textile s’est fortement développée grâce au chemin de fer. Une ligne construite entre Longpré-les-Corps-Saints et Gamaches, passant pas la gare d’Allery, permet d’atteindre, soit la ligne qui va de Paris à Boulogne-sur-Mer, soit la ligne qui va de Paris au Tréport. Cette ligne contribue largement à l’essor de l’industrie textile à Allery. Le train sert à l’acheminement des passagers, ainsi qu’au transport des betteraves venant des villages agricoles aux alentours, mais il est surtout utile pour l’acheminement des toiles qui ont été tissées à Allery.

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Olivier est un bon élève. Suivant les conseils de Monsieur Leclercq, son instituteur, les parents d’Olivier l’envoie poursuivre ses études à l’école primaire supérieure de Corbie afin de préparer le concours d’ingénieur des Arts et Métiers. A 17 ans, après la mort de son père, il devient répétiteur des écoles à Paris. Tout en travaillant, il poursuit ses études.

En 1912, Olivier devient instituteur en Seine-Inférieure.

Convoqué par le Conseil de Révision, Olivier est appelé  au service armé de la Classe 1913. Il est incorporé au 72e Régiment d’Infanterie à Amiens. Bon soldat, il est nommé caporal en mai 1914. Début août 1914, le régiment quitte Amiens pour rejoindre le 2e Corps d’Armée dans le nord du département de la Meuse. Ce corps d’armée est composé des régiments originaires de la région militaire d’Amiens.

Si le 72e est relativement épargné par les premiers combats, fin août, en Belgique, il subit de nombreuses pertes pendant la retraite de l’Armée française en Meuse et en Champagne, ainsi que pendant la Bataille de la Marne, début septembre. Olivier MIANNAY a su affronter ces épreuves en faisant preuve de beaucoup de sang froid. Le 26 septembre, il est promu sergent, puis sergent-major en octobre 1914.

Après avoir vu tomber plusieurs de ses hommes, Olivier est blessé, le 22 décembre, au Bois de la Gruerie, par éclat de bombe à la poitrine. Evacué, il est hospitalisé à Sète, dans le Sud de la France. Après plusieurs mois de soins et de convalescence, il revient au front en juillet 1915, dans la région de Verdun, puis en Argonne.

Le 23 mai 1916, il est à nouveau blessé. Les membres inférieurs et l’œil gauche sont touchés par des éclats d’obus.  Nouvelle hospitalisation à Joigny où il reste pendant quatre mois, avant d’être transféré vers l’hôpital de Fontainebleau, puis vers le centre de rééducation d’Avon.

Les blessures sont graves. Olivier a perdu complètement et définitivement l’usage de son œil gauche. Olivier ne peut plus marcher correctement. Le mollet de la jambe gauche est atrophié. La guerre est finie pour lui. La commission de réforme de Fontainebleau lui signifie la décision en février 1917. Cependant, Olivier souhaite continuer à mettre ses compétences au service de sa patrie. Il obtient la possibilité d’être conservé dans les effectifs de l’Armée et devient même lieutenant. En mai 1917, il se marie à Auxerre avec Germaine, une institutrice.

Après l’armistice, Olivier MIANNAY est nommé instituteur à Neufchâtel-en-Bray. Malgré son handicap, il devient un militant mutualiste et syndical actif chez les instituteurs.  Il crée la Mutuelle des Anciens Combattants du canton. En 1923, il est nommé directeur du Cours élémentaire à Saint-Romain-de-Colbasc, près du Havre, puis, en 1937, est nommé directeur d’école à Malaunay, au Nord de Rouen.

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En novembre 1939, au moment d’évaluer l’aptitude d’Olivier à être mobilisé alors que la Seconde Guerre mondiale vient d’être déclenchée, la commission militaire qui l’examine, à Rouen, le 7 novembre 1939, confirme sa pension d’invalidité de 80%. Les motifs invoqués sont : « Séquelles de blessure du thorax par éclats d’obus avec cicatrices à la partie artéro-supérieure du thorax, petit éclat inclus au-dessous de l’articulation sterno-claviculaire droite , perte complète et définitive de l’œil gauche, ankylose complète de l’articulation tibio-tarsienne gauche avec atrophie de 3 cm au mollet ».

Olivier entre dans la Résistance et devient membre du réseau Libération-Nord pendant l’Occupation. Après la Libération, tout en enseignant au Grand-Quevilly, puis à Deville-les-Rouen, il continue à prendre une part importante dans le militantisme syndical pour défendre les instituteurs du département de la Seine-Inférieure. Il est élu Secrétaire départemental du Syndicat National des Instituteurs. Il est également élu maire de Malaunay en 1945.

Devenu Secrétaire fédéral adjoint du Parti Socialiste SFIO de Seine-Inférieure, il est réélu à deux reprises au poste de maire à Malaunay.

Olivier MIANNAY est mort le 12 juin 1956.

Rue du docteur Le Roy, à Malaunay, en Seine-Maritime, un groupe scolaire porte aujourd’hui le nom d’Olivier MIANNAY. Le nom d’un enfant de la Somme. Le nom d’un enfant du Quayet.

L.J. et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Danièle REMY a réalisé la collecte de données pour la commune d’Allery.

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