UN JOUR, UN PARCOURS – Henri VASSEUR

Victimes de la Première Guerre mondiale – une Somme de vies brisées par 14 18.

Né le 11 mai 1892, Henri VASSEUR n’a pas habité dans le village de Licourt très longtemps.

Licourt était un petit village de 481 habitants en 1911. Un village comme beaucoup d’autres dans la Somme. Si l’activité agricole y est très présente (cultivateurs, bouviers, bergers), on y trouve également de nombreux métiers autour du bois (bucherons, ouvriers de scierie, scieurs de long, charpentiers, menuisiers, sabotiers..). Quelques habitants vont travailler dans les sucreries ou râperies voisines. C’est un village où les commerces ne manquent pas. Cafés, hôtel, boulangerie, cordonnier, tailleur d’habits, couturière. Il y a même un marchand forain. Pourtant comme beaucoup d’hommes et de femmes de ces villages traditionnels, Edouard et Louise, les parents d’Henri, espèrent trouver une vie un peu meilleure ailleurs. Ceux qui travaillent, de ferme en ferme, dans les grandes exploitations semblent bien gagner leur vie…

C’est vers le village de Bernes qu’ils se dirigent, à une vingtaine de kilomètres de Licourt. Bernes est situé près de Roisel, à la limite de département avec l’Aisne. L’activité agricole y est florissante et les besoins en mains d’œuvre très importants. Ne dit-on pas que le sol de la commune peut être classé parmi les meilleurs du département au niveau agricole ! L’instituteur disait que La plupart des cultivateurs s’inspirent, avec succès, des nouvelles méthodes de culture. Les principales cultures sont le froment, le seigle, l’orge, l’avoine, la pomme-de-terre et la betterave à sucre. Il y a d’ailleurs une sucrerie dans la commune.

bernes sucrerie

Henri, lui aussi devient journalier, travaillant dans les fermes du Santerre au gré des besoins des agriculteurs et des saisons. Puis l’heure du service militaire arrive. Incorporé dès le 9 octobre 1913, il est classé dans un premier temps dans le service auxiliaire du 42e  Régiment d’Artillerie en raison de son état de santé (présence de varices).

Le régiment est basé à La Fère dans l’Aisne et s’est déplacé pour s’installer dans une caserne du centre-ville de Stenay (Meuse) dès le 1er octobre 1913.

Le 2e classe Vasseur participe à la réquisition de chevaux fin juillet 1914. La guerre est imminente. Le 31 juillet, le 42e  R.A. se positionne derrière le 120e  R.I. en se rapprochant de la frontière. Le 10 août, c’est le premier contact avec l’ennemi, à Mangiennes, puis le 22 août, la montée vers Bellefontaine (Belgique) en appui du 120e régiment d’infanterie de Péronne.  Henri n’a pas participé à ces combats. C’est de la caserne de Stenay qu’il a appris à quel point les combats du 22 août avaient été meurtriers. Son copain Gaston DEBRAY, de Bernes, y a été tué. Gaston avait 22 ans. Comme lui.

Le 23 août 1914, la commission déclare Henri « bon pour le service armé ». Il reste ensuite à l’arrière de la zone des combats jusqu’au 20 mars 1915 et passe au 17e R.A. en position au Nord d’Arras.

L’hiver est particulièrement froid et les conditions de vie sont difficiles. La nouvelle lui parvient de la grave blessure subie par son cousin, Daniel, qu’il a laissé à Licourt lors du départ de la famille. Une plaie à la jambe droite, au cours d’un combat au Bois de la Gruerie, en Argonne, qui lui vaut plus de 6 mois de soin. Henri, lui, n’a pas encore été blessé…

Le 3 mars 1916, le régiment rejoint Verdun et relève les positions de 1ère  ligne devant Douaumont. Blessé. Malade. Henri est finalement évacué le 10 août pour être soigné pendant de longs mois. Il ne revient que le 1er avril 1917, date à laquelle  il change encore de régiment, tout en restant dans l’artillerie. Son séjour en Macédoine, avec le 242e R.A. sera de courte durée, puisqu’il est évacué, le 4 juin, pour cause de paludisme. A son retour, son régiment ayant été dissous, il rejoint le 229e R.A., devenant, en 1918, le 41e Régiment d’Artillerie de Campagne. Henri participe à l’arrêt de l’avancée ennemie, au printemps 1918, vers Montmirail (entre Meaux et Chalons) avant de poursuivre le combat de nouveau au Nord de Verdun.

Henri est évacué, malade, le 27 septembre 1918 vers l’hôpital militaire N°6 de Vadelaincourt (au Sud-Est de Verdun) où il succombe le 7 octobre 1918.

Son cousin Daniel, n’a pas, non plus, terminé cette satanée guerre. Mais lui est encore vivant quand l’Armistice est signé. Transporté vers l’arrière suite à la blessure subie le 12 octobre 1916, à Sailly-Saillissel, à la fin de la Bataille de la Somme, Daniel n’est jamais retourné au combat. Il a été amputé du bras droit.

L.J et X.B.

« De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » – recherche collaborative 1891, 1892, 1893 – Département Somme.  Didier BOURRY a réalisé la collecte de données pour la commune de Licourt et Jean DELHAYE celle pour Bernes.

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Un commentaire sur « UN JOUR, UN PARCOURS – Henri VASSEUR »

  1. C’est une très bonne et belle chose de retracer les courts moments de ces vies déchirées, ces jeunesses broyées. Ces hommes revivent ainsi, nous servent d’exemple, nous confortent et deviennent des survivants dans nos mémoires. Continuons ce travail, il est sacré.

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